Langue bretonne.  L’État doit tenir sa parole

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« La langue de la république est le français ». Cet article 2 de la constitution reste encore aujourd’hui un obstacle majeur au développement d’une politique publique de transmission de la langue bretonne au sein de l’école de la république. Et pourtant, il existe un engagement de l’État en matière d’enseignement du breton qui est actuellement au point mort, alors qu’une loi validée par le conseil constitutionnel instaure sa mise en œuvre. Mieux encore, l’État s’est engagé par signature officielle à le réaliser. De quoi s’agit-il ?

Dans son article 7, la loi Molac, votée en 2021 énonce : « la langue régionale est une matière enseignée dans le cadre de l’horaire normal des écoles maternelles et élémentaires, des collèges et des lycées sur tout ou partie des territoires concernés, dans le but de proposer l’enseignement de la langue régionale à tous les élèves ». Depuis de nombreuses années le conseil départemental du Finistère et le conseil régional de Bretagne demandaient à l’état de mettre en œuvre, dans le Finistère, une offre de généralisation d’enseignement du breton, au niveau du premier degré. Un courrier commun adressé au Ministre de l’Éducation Nationale, soutenu par l’association des maires de France en exprimait la demande en 2018. La convention spécifique pour la transmission des langues de Bretagne et le développement de leur usage dans la vie quotidienne, signée le 15 mars 2022 entre l’État et la région Bretagne a enfin pris en compte cette demande et l’a formalisée.

Mieux, elle a conventionnellement fixé un objectif. « L’État s’engage à aboutir, à l’échéance de cette présente convention en 2027, à la généralisation de la langue bretonne dans la cadre normal des cours de premier degré dans le département du Finistère ». Oui , vous avez bien lu. Une loi de la république, validée par le conseil constitutionnel affirme l’obligation pour l’éducation nationale d’offrir un enseignement du breton dans le cadre de l’horaire normal. L’État s’engage à le faire. Et pourtant, pour l’instant rien ne se passe…

La situation actuelle de la langue bretonne ne permet plus d’attendre le moindre contre temps pour agir, sauf à vouloir acter sa disparition. Et cela nous ne pouvons l’accepter. L’ensemble des citoyens doivent mettre en demeure l’État de respecter sa signature. Si, comme cela semble être le cas aujourd’hui, l’État en est matériellement incapable, il dispose de la possibilité de s’appuyer sur un réseau associatif professionnalisé d’apprentissage de la langue bretonne en mesure d’intervenir dans les établissements dans un cadre contractuel négocié avec lui. Cela permettrait d’offrir aux établissements publics et privés du premier degré du Finistère un enseignement de la langue bretonne.

Ce même réseau d’associations dont certains sont aussi organisme de formation, pourrait aussi contribuer à la formation des personnels de l’éducation nationale. Pour réaliser tout cela, la Région Bretagne doit continuer à enfoncer le clou et obtenir la mise en application de cette mesure en s’appuyant sur le vote à l’unanimité de son plan de réappropriation des langues de Bretagne et avec le concours du conseil départemental du Finistère, lui-même engagé dans un plan en faveur du breton.

L’État, lui, doit financer totalement sa réalisation conformément à sa signature. Il existe une projection financière de la mise en application de ce plan d’actions par l‘intermédiaire des associations à l’échelle du département du Finistère. Compte tenu de l’enveloppe évoquée annuellement, l’argent ne saurait être en aucune façon un frein à la mise en œuvre de cette partie de la convention spécifique. Seule la volonté de faire de l’État compte. Ce dernier doit immédiatement respecter sa signature. Tout simplement.

> Loic Philippon

Militant UDB, Loic est aussi engagé dans le mutualisme. Il est responsable associatif d’une structure d’éducation populaire.