Écosse, Pays de Galles: le SNP et le Plaid Cymru gagnent les élections

Plaid Cymru
Rhun ar Iorweth, Premier Ministre du pays de Galles. Image : Senedd cymru

Les élections locales du 7 mai au Royaume-Uni ont été marquée par le triomphe du parti d’extrême-droite Reform UK, et par l’effondrement du Labour. À gauche, la progression des Verts n’a pas suffit à compenser le recul des travaillistes et l’extrême-droite a donc remporté de nombreux scrutins locaux. Mais deux composantes du Royaume-Uni nuancent le tableau : en Écosse et au Pays de Galles, si Reform UK progresse, ce sont trois partis nationalistes de gauche qui remportent les élections…

En Écosse, le parti indépendantiste de gauche SNP (Scottish National Party), déjà majoritaire, reste de loin le premier parti, avec 58 sièges sur 129. Le léger recul de 2 sièges pour ce parti est plus que compensé par les Verts Écossais (indépendantistes également) qui remportent 15 sièges, soit 7 de plus que dans la mandature précédente. S’ils s’allient, ces deux partis indépendantistes disposeront de la majorité absolue des voix au parlement écossais. De quoi relancer un référendum sur l’indépendance ? Le Brexit étant passé par là, il se pourrait bien qu’une partie des électeurs unionistes du référendum de 2014 décident de basculer vers l’indépendance, pour rejoindre l’Union européenne… ou éviter de subir un gouvernement Reform UK si ce parti devait gagner les prochaines élections régionales au Royaume-Uni. John Swinney, premier ministre écossais depuis 2014, n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler que Nigel Farage, le dirigeant de Reform UK, avait pour projet d’abolir les statuts d’autonomie écossais et gallois, manière de prévenir que le statu quo serait impossible : l’Écosse devrait choisir entre perdre son autonomie ou gagner son indépendance, et vite.

Au Pays de Galles, la grande nouveauté vient du parti de gauche indépendantiste Plaid Cymru, qui devient le premier parti gallois avec 43 sièges sur 96, siphonnant au passage la majeure parti du vote travailliste. Ici comme en Écosse, l’extrême-droite se classe deuxième. Mais si la victoire du Playd Cymru est plus flamboyante que celle du SNP écossais, la voie vers l’indépendance paraît plus difficile pour les Gallois : il n’existe pas d’autre parti indépendantiste représenté au Senedd (Parlement du Pays de Galles), ce qui signifie qu’une alliance avec un parti unioniste est nécessaire au Plaid Cymru pour gouverner. Avec ses 9 sièges, le Labour apporte au dirigeant du Plaid et désormais Premier Ministre, Rhun ap Iorweth, le nombre de députés nécessaire pour dépasser la majorité absolue. Les conditions pour un référendum sur l’indépendance sont donc plus difficile à réunir qu’en Écosse. Par ailleurs, une partie des nouveaux électeurs du Plaid ayant choisi le « vote utile » pour battre Reform UK, il n’est pas du tout certain que la progression des résultats du Plaid corresponde à une progression équivalente de l’indépendantisme au Pays de Galles. Reste que, comme en Écosse, la perspective inquiétante d’un gouvernement Reform UK à Londres pourrait convaincre de nombreux Gallois de gauche ou centristes de choisir l’indépendance…

> Nil CAOUISSIN

Nil Caouissin est professeur d'histoire, de géographie et de breton. Il est conseiller régional de Bretagne UDB depuis juin 2021. Il siège dans le groupe d’opposition “Breizh a-gleiz - Autonomie, écologie, territoires”.