
Véronique Deschamps, Malouine renommée pour son combat judiciaire et médiatique en faveur des droits des habitants des villes touristiques, est allée à Venise, à la rencontre de Marco Gasparinetti, élu municipal vénitien connu pour son implication contre la spéculation immobilière et pour les droits des résidents de sa ville. Elle lui a remis un exemplaire de son nouveau livre édité aux Presses populaires de Bretagne: Habitants, les nouveaux invisibles. Entretien.
Le Peuple breton : Pourquoi as-tu fais le voyage jusqu’à Venise avec ce livre?
J’y suis allée parce qu’on avait un projet de jumelage avec Venise, depuis un an. J’ai eu envie d’aller remettre le livre à Marco, et ainsi de le rencontrer pour la première fois. Et ça y est, le jumelage est lancé! J’ai été ravie de l’accueil, je n’en attendais pas tant. Ma fille, qui parle italien, était présente pour m’aider à échanger. J’ai aussi été reçue par Anna, Adela et Arianna, trois femmes qui reprennent la direction du mouvement civique des habitants à Venise, comme Marco se présente aux élections régionales. J’ai beaucoup aimé ce qu’il a publié après avoir reçu le livre : « Elle n’est pas partie de Saint-Malo, et moi non plus, je ne suis pas parti. « Je ne pars pas » est notre devise et nous ne sommes pas seuls, en fait. Merci Véronique, continuons le combat. »
Quel est le lien qui justifie ce jumelage?
A Venise, le nombre d’habitants se trouve être le même qu’à Saint-Malo, 47 000. En fait, il est en baisse, à cause du manque de logements disponibles pour les habitants. A Saint-Malo, on vit une situation similaire: il faut beaucoup construire pour une population qui n’augmente pas! C’est à cause du poids d’une certaine forme de tourisme qui entre en concurrence avec les habitants. Mais nous ne sommes pas opposés au tourisme, c’est important de le dire. Nous sommes des défenseurs des habitants. C’est d’ailleurs ce que je raconte dans le livre!
Au-delà de Venise, l’association « Saint-Malo j’y vis » prends une dimension européenne…
Oui. Avec ce jumelage associatif, nous rejoignons un réseau de mouvements d’habitants de villes et d’îles. Nous serons aux côtés des gens de Corfou, Dubrovnik, Chypre, de Crète. On va pouvoir commencer un autre chemin avec tout ce soutien.
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