
Une nouvelle fois soupçonné d’enrichir de l’uranium pour son programme nucléaire militaire, le régime des mollahs iraniens a subi le 22 juin une attaque aérienne américaine, suivant les roquettes israéliennes des jours précédents. Le lendemain, l’État d’Israël bombardait une nouvelle fois Téhéran et le site nucléaire de Fordow. De son côté, alors que l’Iran déclare qu’il est le seul à pouvoir lutter contre son ennemi de toujours, sa réaction a été bien molle. Une guerre d’ego à coup de missiles qui n’augure rien de bon.
La posture isolationniste américaine a connu le mois dernier une entorse avec le bombardement de l’Iran, le 22 juin. Dans un tweet daté du même jour, Donald Trump a annoncé une attaque très réussie contre trois sites nucléaires en Iran, à savoir Fordow, Natanz et Ispahan. « Tous les avions sont maintenant en dehors de l’espace aérien iranien. Une cargaison complète de bombes de guerre a été larguée sur le site principal, Fordow. Tous les avions sont en sécurité sur le chemin du retour. Félicitations à nos grands guerriers américains. Il n’y a pas d’autre armée au monde qui aurait pu faire cela. Maintenant, c’est l’heure de la paix. »
Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, la France a « exhorté les parties à la retenue pour éviter toute escalade ». Et bien qu’elle se soit exprimée contre l’accès à l’arme nucléaire par l’Iran, la France a « pris bonne note de la déclaration de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui confirme à ce stade qu’aucun niveau de radiation élevé n’aurait été détecté », ce qui pousse à la prudence.
Car cette démonstration de force sert aussi la propagande états-unienne. La superpuissance militaire a régulièrement besoin de rappeler et de montrer qu’elle domine le monde entier et peut agir partout. Rêvant du prix Nobel de la paix comme l’a obtenu son prédécesseur, Barack Obama, Donald Trump se vit toujours comme gendarme du monde et se fabrique sa propre légende !
Dès le lendemain, profitant de l’action de son allié de toujours, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a lui une nouvelle fois bravé le droit international – mais qui s’en soucie encore ? – et en a profité pour frapper Téhéran dont le régime, rappelons-le, soutient militairement et financièrement le Hamas et le Hezbollah. Plus grave, les attaques se sont aussi portées sur la prison d’Evin. Or, c’est là que sont emprisonnés de nombreux opposants civils au régime, mais également les otages français Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus depuis le 7 mai 2022.
En réaction, le régime islamique a attaqué la base aérienne américaine d’Al-Udeid, au Qatar, tout en précisant bien que l’attaque ne visait pas l’émirat ! L’attaque « ne représente aucune menace pour notre pays ami et frère, le Qatar ». Ce dernier a confirmé avoir intercepté les missiles, qui n’ont fait ni mort ni blessé, puisque la base militaire avait été vidée par une attaque qualifiée de « télégraphiée » car elle avait été annoncée ! Là encore de l’affichage, mais bien moins probant que les États-Unis. Ou encore d’Israël qui, entouré d’ennemis potentiels (même si la période précédent le 7 octobre 2023 avait normalisé les relations avec les pays arabes voisins), prouve sa domination sans partage au Proche et Moyen-Orient. Un blocage du détroit d’Ormuz (et donc du gaz et du pétrole iraniens) est pressenti, même si plusieurs observateurs internationaux en doutent, l’Iran vivant de sa rente pétrolière et ayant beaucoup à perdre à s’en priver.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, un cessez-le-feu est en cours et il est difficile de dire si cet épisode va enflammer la région ou non. De son côté, Donald Trump continue de gouverner à coup de petites phrases : après avoir dit qu’il souhaitait la chute du régime iranien, il a finalement changé d’avis : « J’aimerais que tout se calme le plus rapidement possible », a-t-il déclaré, estimant qu’« un changement de régime entraîne le chaos ». Il livre des armes à Israël puis tance son allié… Décerne-t-on le prix Nobel de la paix aux pompiers pyromanes ?
Le Peuple breton Magazine Dossiers, analyses, portraits, chroniques… L'actualité vue de Bretagne !
