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À Lannion-Trégor Communauté, gouvernance démocratique ou petits arrangements entre amis ?

Lannion-Trégor Communauté

Mardi 13 septembre, le conseil communautaire de Lannion-Trégor Communauté (LTC) va devoir désigner un nouveau président en raison de la démission de Joël Le Jeune.

Le changement intervient deux ans après les élections municipales, alors qu’à l’époque Joël Le Jeune, maire de Trédrez-Locquémeau et partisan de La République en marche (LREM), avait indiqué ne pas souhaiter commencer un nouveau mandat. Il avait finalement rempilé après l’avoir emporté face à Cédric Seureau, élu écologiste lannionais. Pour rappel, seuls les conseillers communautaires (pour la plupart les maires du territoire) votent en cette occasion. Dans le Trégor, l’élection de Joël Le Jeune au Conseil communautaire avait déjà fait grincer des dents en 2020, puisque du fait de l’annonce de son choix de ne pas se représenter, il n’avait pas été possible de débattre de son bilan et de ses choix lors des élections municipales.

Une élection à enjeux, tant sur le fond que sur la forme

Les deux années de mandat ont été marquées par l’opposition d’une partie des élus et de la population à des projets considérés comme trop dispendieux ou anti-écologiques : la rocade sud de Lannion, le nouveau pont, le très coûteux parc des expositions… autant de dépenses diversement appréciées, et qui nécessitent des augmentations d’impôts qui ont fait tousser dans nombre de conseils municipaux. La concentration des investissements autour de Lannion a aussi suscité des critiques, alors même que les Lannionais ne sont pas forcément demandeurs de tels chantiers. Des élus UDB, écologistes, communistes, divers gauche et sans étiquette s’y étaient d’ailleurs opposés. Certains de ces projets pouvant encore être annulés ou revus, l’enjeu de l’élection à la présidence de LTC est fort.

Ces derniers mois, un groupe d’élus nommé « Pour une gouvernance partagée et respectueuse » s’était créé et avait grossi au fil des conseils communautaires, regroupant des élus de divers horizons ayant pour point commun de ne pas se retrouver dans l’exercice autoritaire, et souvent solitaire du pouvoir par le président. Trefina Kerrain, élue UDB lannionaise, s’est ainsi attirée les foudres de Joël Le Jeune pour avoir déclaré être « au service du territoire et des habitants, pas d’un président ».

Deux candidats en lice, le maire de Ploulec’h et le maire de Louannec

Un candidat s’est pour l’instant déclaré, Sylvain Camus, maire de Ploulec’h. Il n’est membre d’aucun parti politique mais avait été candidat suppléant aux élections départementales avec le Parti socialiste et Europe-Écologie Les Verts. Il met la question de la gouvernance démocratique au cœur de son projet, et ne s’interdit pas de revenir sur certains projets, comme le parc des expositions.

Face à lui, Gervais Egault, maire de Louannec, a fini par déclaré sa candidature après avoir laissé planer le doute. Il aurait le soutien de Joël Le Jeune. En 2018, il avait lancé un projet de fusion de sa commune avec trois communes voisines sans en avertir son conseil municipal et sans prévoir de consulter la population, ce qui lui a valu par la suite un vote défavorable dans son propre conseil. Le projet fut donc abandonné, mais on comprend au vu de la méthode que le maire de Louannec ne risquait pas de rejoindre un groupe « pour une gouvernance partagée et démocratique » au Conseil communautaire.

Le maire de Louannec avait également défrayé la chronique avec l’aménagement d’un lotissement sur une zone humide ; certes non répertoriée officiellement, mais que son nom, « les hauts du Stivel » annonçait sans ambiguïté (Stivel veut dire source en breton). La candidature de Gervais Egault s’incarne dans la continuité, avec une certaine méthode de gouvernance et un certain regard sur l’aménagement du Trégor.

> Jean Roudaut

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