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Retour de l’université d’été de Régions et Peuples solidaires

Régions et Peuples solidaires

Du 25 au 28 août était organisée à Aix-les-Bains l’université d’été de la fédération Régions et Peuples solidaires. Le point avec Pierre-Emmanuel Marais, co-porte-parole de l’UDB.

Le Peuple breton : tu reviens de l’université d’été de Régions et Peuples solidaires organisée par le parti savoyard MRS. Qu’en retiens-tu ?

Cette université d’été a été riche en débats et échanges et l’occasion de travailler sur les questions de logement ou de sécurisation des systèmes de chaînes d’alimentation dans nos territoires dits « périphériques ». À ces questions importantes, les réponses doivent être locales. Ainsi, en Savoie, en Corse, au Pays basque ou en Bretagne, les questions de l’accès au logement, le développement des résidences secondaires, la sortie de logements à la location annuelle par des systèmes comme Airbnb, appellent des réponses coordonnées entre nos différentes organisations via Régions et Peuples solidaires.

Lors de cette université d’été, le congrès a vu un changement de président avec l’élection de François Alfonsi, par ailleurs député européen…

Oui, c’est un large renouvellement des instances dirigeantes de la fédération qui a été entrepris. L’UDB est représentée par Lydie Massard en tant que porte-parole et Bruno Le Clainche en tant que trésorier. Cela marque notre plein engagement dans Régions et Peuples solidaires.

Un président corse, est-ce une bonne nouvelle ?

Bien sûr. Au-delà des qualité de François Alfonsi, un des enjeux de la présidence dans les deux années à venir est pour nous de faire profiter les territoires continentaux des négociations entre la collectivité de Corse et le gouvernement français sur l’autonomie de la Corse. Si avancées il devait y avoir, il est important qu’elles puissent inclure une réflexion sur l’autonomie de tous les territoires le souhaitant.

N’y a-t-il pas un risque que le gouvernement français ne réponde qu’à la demande corse ?

Il y a surtout un risque que la montagne accouche d’une souris… c’est une spécialité des institutions centralisées françaises.

Quelles pourraient être les avancées pour la Bretagne ?

Si des discussions entre la Corse et le gouvernement français aboutissaient à un texte de révision constitutionnelle, il nous faudrait nous mobiliser pour que, par exemple, le vœu du Conseil régional de Bretagne réclamant une autonomie pleine et entière puisse trouver une issue constitutionnelle et permette une vraie dévolution de compétence à la région administrative de Bretagne. Plus largement, cela pourrait aussi être l’occasion de lever de nombreux blocages de type constitutionnel pour nos langues et nos cultures. Pour mémoire, le Conseil constitutionnel avait déclaré anticonstitutionnel certains articles de la loi Molac.

Et en ce qui concerne la réunification administrative de la Bretagne ?

Évidemment, s’il y avait une révision constitutionnelle, nous porterions le projet d’inscrire dans le marbre la possibilité de redécouper les régions administratives françaises. Pour nous, à l’UDB, cela conditionne plus de fédéralisme en France. Sans réunification, on resterait dans un système technocratique dirigé depuis Paris et la décentralisation ou même l’autonomie ne voudraient pas dire grand-chose. Face aux transitions à venir et d’abord la lutte contre le réchauffement climatique, faire évoluer l’organisation territoriale française et son inexpugnable jacobinisme est une nécessité.

> Ar Skridaozerezh / La Rédaction

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