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Festival Bresk ! : une « Babel heureuse » à Douarnenez

bresk

L’association Rhizomes avec de nombreux partenaires organise les vendredi 10 et samedi 11 juin, le festival Bresk ! sur le thème « langues minorées et traduction ».

« Bresk » : un joli mot breton pour dire fragile. Comme les langues, celles dominées, que l’on entend et on lit trop peu. Comme le travail de traduction aussi, et les traductrices et traducteurs qui portent les mots d’une rive à l’autre, élargissant nos horizons et cependant trop souvent dans l’ombre.

Que vous parliez plusieurs langues ou une seule, que la question de la traduction ne vous ait jamais effleuré, ou au contraire que vous ayez plusieurs langues à la bouche et que la traduction ça vous connaît, ce temps fort est pour tou·te·s !

Bresk !, pour célébrer le pluriel des langues et leur égalité, pour créer la rencontre, être là ensemble avec nos accents, nos langues, nos histoires et nos mots : une Babel heureuse !

PROGRAMME

VENDREDI 10 JUIN

Librairie de L’Angle rouge, 9, rue de l’Hôpital, 18 h 30

Inauguration de l’exposition François Maspero, le voyageur étonné. Une occasion unique de partager la mémoire de celui qui fut à la fois libraire, éditeur, écrivain et traducteur-orfèvre.

François Maspero demandait : « Comment prétendre raconter des histoires, quand on a soi-même l’ambition de ne pas “se raconter d’histoires” ? » Nous lui répondons avec une lecture-dégustation de ses textes, honnêtes, engagés, tous animés par une imperceptible petite musique intérieure…

L’expo est visible jusqu’au 11 juin aux horaires d’ouverture de la librairie.

Auditorium du port-musée, place de l’Enfer, 20 h 45

« La langue de la papivole », spectacle de Matao Rollo

Papivole : un joli mot de gallo pour désigner le papillon. La langue de la papivole rappelle que le gallo est aussi une poésie fragile capable de métamorphoses. Pendant un peu plus d’une heure, Matao Rollo propose de butiner, de-ci de-là, entre littérature et oraliture, quelques écrits et dits en gallo : conte, lecture, chant et slam.

Entrée : 5 euros. Gratuit pour les moins de 10 ans.

SAMEDI 11 JUIN

Auditorium du port-musée, place de l’Enfer, 11 h-12 h

« T’as un accent, il vient d’où ? » : glottophobie, quand les accents excluent.

Le sociolinguiste Philippe Blanchet est le fondateur du concept de glottophobie, une discrimination fondée sur la langue. Avec Stéphanie Clerc-Conan, maîtresse de conférences à l’université de Rennes, il a mené une enquête de terrain et collecté des témoignages de personnes discriminées à cause de leur accent, régional ou étranger. Comment le culte d’une langue, cette « passion française » en apparence innocente, entraîne le rejet de qui parle autrement, toutes catégories sociales confondues.

Auditorium du port-musée, place de l’Enfer, 12 h-12 h 45

« C’est pas français, c’est pas breton… c’est douarneniste, ça, non ? »

Le douarneniste, on le cause, ou bien justement on ne le cause pas, on l’entend parfois au marché ou sur la plage des Dames, ou bien on l’a toujours entendu à la maison. Il fait partie de cette ville, certains l’ont chevillé au corps et d’autres le découvrent en arrivant. Mais finalement, le douarneniste, qu’est-ce que c’est ? Le port-musée de Douarnenez, l’association Emglev Bro Douarnenez et un groupe de passionnés et d’universitaires ont commencé un travail au long cours : étudier, collecter et faire résonner le douarneniste avec tous ceux qui auront envie de rejoindre l’aventure.

Patio de la médiathèque, 13 h-14 h

A tavola ! : buffet aux saveurs d’ailleurs, à croquer ensemble sous le soleil breton !

Estacades du port-musée, quai du Port-Rhu, 14 h-16 h

Atelier d’initiation à la traduction, swahili-français

Mené par Nathalie Carré, traductrice et maîtresse de conférences en langue et littérature swahili, cet atelier est ouvert à tou·te·s, aucune connaissance préalable du swahili n’est requise. Certaines langues dominent de manière écrasante le marché alors que d’autres, très nombreuses, sont sous-représentées. Parmi celles-ci, les langues africaines dont le swahili, langue dont la tradition littéraire (écrite ou orale) est pourtant longue et le nombre de locuteur·rice·s important. Malgré une production littéraire conséquente, à peine une dizaine d’ouvrages en langue originale swahili est disponible en traduction française à l’heure actuelle. Comment alors faire exister les textes par le biais de la traduction ? Quels défis se posent au traducteur·rice d’une œuvre issue d’une sphère culturelle différente de celle du public français ? La traduction d’un court extrait permettra de répondre à ces questions et de saisir, en pratique, les questionnements auxquels sont confrontés les traducteurs et les traductrices.

Auditorium du port-musée, place de l’Enfer, 14 h-15 h

« Désirs de langues, désirs de films »

BED, Bretagne et Diversité, est un site bilingue français-breton, qui donne accès à plus de 800 documentaires, gratuitement. Il permet d’explorer des filmographies de minorités (Bretons, Corses, Aborigènes, Berbères, Papous, Roms…), de remonter au fil de la mémoire du Festival de cinéma de Douarnenez, de retrouver des films par thématiques : langues, femmes, résistances, environnement…

En partenariat avec l’association BCD-Bretagne Culture Diversité, qui produit et accompagne BED, c’est une plongée en images dans l’univers des langues. Caroline Troin fera découvrir quelques jolis extraits ou films qui arpentent la question linguistique, de façon savoureuse, poétique, créative.

http://bretagne-et-diversite.net/fr/

Patio de la médiathèque, 15 h-16 h

« Rapports de langues » : rencontre avec la traductrice Camille Luscher

En avant-goût d’« Helvètes Underground », 44e édition du Festival de cinéma dédiée cette année à la Suisse, rencontre avec Camille Luscher, traductrice suisse de l’allemand vers le français et directrice de collection aux éditions Zoé. Comment traduire un rapport entre deux langues ? Les personnages de l’écrivain suisse Arno Camenisch parlent un allemand mâtiné de romanche. Cette langue voit son nombre de locuteurs fondre comme neige au soleil. Dans les traductions, le français intervient en tierce langue, avec pour mission de sauver le romanche qui survit dans l’allemand. Parfois, le rapport est plus ténu encore, et la langue a tellement disparu qu’elle n’apparaît plus qu’en filigrane. C’est le cas des œuvres de Mariella Mehr, poétesse suisse d’origine yéniche, qui écrit poèmes et proses dans un allemand où subsiste l’ombre d’une langue perdue au fil de décennies de persécution.

http://www.festival-douarnenez.com/fr/

Patio de la médiathèque, 16 h 30-17 h

« Les langues minorées à travers le monde : dégustation sonore »

« Les arts sont ce qui sauvent le meilleur de l’humanité », dit le sous-commandant Moisés, de l’Ejército Zapatista de Liberación Nacional. Les langues minorées sont présentes dans de nombreux arts : le maya ou le mapudungun, langues de résistances face à l’envahisseur, sont aujourd’hui utilisées par les nouvelles générations, qui font ainsi revivre la langue et leur culture. Il en est de même de ce côté-ci de l’Atlantique, où les langues survivent entre autres grâce à l’art, au chant, face à des États toujours plus puissants.

Une petite pause artistique sera donc proposée par La Obra pour nous faire voyager quelques instants !

https://laobra.bzh

Patio de la médiathèque, 17 h-18 h

« Le rebond sur la toile, du taïwanais au breton »

Le taïwanais, une des langues de Taïwan, a subi des répressions sous la dictature chinoise pendant environ quarante ans. La pratique du breton et d’autres langues régionales de France a également été réprimée dans le passé.

Li-Chin Lin, autrice de BD de Taïwan, qui était en résidence d’écriture avec Rhizomes en 2020, parlera de la manière dont ses compatriotes utilisent l’internet pour sauver et redynamiser le taïwanais.

Stefan Moal, maître de conférences en langue bretonne, parlera également de la présence de plus en plus dynamique et variée du breton sur les nouveaux médias.

Patio de la médiathèque, 18 h-18 h 30

« Selaou’ta ! Écoute donc ! » Un brin de théâtre

Au printemps 2021, l’association C’hoariva a lancé un appel à écriture, ouvert à tous, sur le thème « J’aime ma langue car… ». La finalité était de réunir des textes pour réaliser un stage et travailler sur le chœur, la voix du peuple dans le théâtre antique. Un petit groupe vous propose d’écouter quelques-unes de ces paroles d’amour pour une langue, le breton. Quelques surprises viendront sûrement vous chatouiller au creux de l’oreille…

www.teatr-brezhonek.bzh

Apéro de clôture.

http://www.rhizomes-dz.com/bresk

> Ar Skridaozerezh / La Rédaction

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