Mystériales 2022 à Redon : on remet le 3e couvert

mystériales

Troisième édition du « festival des littératures populaires et de l’Imaginaire » ces 28 et 29 mai au Cloître Saint Sauveur de Redon. Les Mystériales : deux jours cette fois et un programme d’enfer…

Car l’enfer n’est pas les autres comme le disait Sartre mais bien l’enfer… -mement. Donc le cloître c’est sans doute le lieu rêvé pour s’isoler dans un bon bouquin, une Bible, un Cartulaire et surtout un bon polar, une SF, une fantasy, littérature « populaire » depuis les feuilletons du XIXe jusqu’à Poubelle La Vie. Sans compter les feuilles volantes et les complaintes chantées qui parlent de crimes horribles, d’empoisonneuses à la Jegado, de Robine des Bois à Marion du Faouët, de Pontkalleg à Nevenoe… Mais surtout pas un « Huis Clos »… Un lieu pour partager nos lectures, nos écritures et nos passions, papoter, rencontrer établir des liens souvent durables, et par forcément en petit comité de Moines. Sauf que le lecteur et l’écrivain ont besoin d’être Moines parfois.

L’Ours en armures du Svalbard du coin qui joue les chefs de bataille avec une armée de bénévoles enrôlés volontaires, c’est Jérôme Nédelec. Une armoire à glace totalement fondu dans sa tête étonnamment bretonne et pointue, ainsi que dans le paysage, qui fait les Père Noël en plein mai. Ce garçon a du calendaire dans les godasses. « Les Frontières liquides » à son actif, la série sur les vikings dont on attend le 3eme tome aux éditions Batignes. Ce batteux qui fait avancer la littérature galette-saucisse. Avec du beau monde…

« Mysteriales »… Qu’on n’oublie jamais l’ombre de Pythagore ni surtout de Belphégor qui plane sur ce lieu. Car tout du monde a un « mystère » sans religion à partager. Pour cette 3e édition, ce sont une vingtaine d’éditeurs qui débarquent. En péniches, en toues, en drakkars. À cheval et en voiture. Du lourd. Avec des petits bras qui se serrent les coudes. Et rament de concert… On multiplie par 3 ou 4 auteurs par écurie on va dire que ça fait bien 500 ? Non, plutôt 50. Ce qui est déjà fort honorable.

Le programme est impressionnant. L’inénarrable Claudine Glot du CIA, Leauté, Faye, Lamour… Argyll, Locus Solus, Gephyr, Batignes, Les 3 Nornes, Le Chat Noir, etc. 70 artisans de la littérature d’aujourd’hui, ce n’est pas rien ! Et une belle vitrine pour l’édition bretonne. Et d’ailleurs… Chez nous pas de frontières.

Alors Mystère, mystères… Et même pour l’occasion des dégustations liquides de grande qualité avec des commerçants du coin. Et forcément la librairie Libellune en maître d’œuvre. Sans doute que l’ombre d’Arthur (Bernède pour l’occasion) plane sur l’affaire et toutes ces tables rondes…

À ne surtout pas rater.

> Jean Boidron

Contributeur. Trilingue breton-français-gallo, professeur de Lettres et de breton dans l’enseignement public à Redon, Jean Boidron est aussi militant syndical, cofondateur de l’association rennaise « Graines de conte » et vice-président de l'Institut culturel de Bretagne. Ancien président de Dastum, il a également été professeur-conseiller au Musée de Bretagne et professeur-associé au Centre de l’imaginaire arthurien. Côté journalisme, Jean Boidron a dirigé la revue Musique bretonne, été chroniqueur pour Trad Magazine et écrit régulièrement pour le magazine Le Peuple breton. Il est l’auteur de Gousperoù ar raned / Les vêpres des grenouilles publié aux éditions Dastum (1992). [Lire ses articles]