
On le connaît surtout pour ses albums pour enfants (12 au compteur) et le Trio EDF au succès jamais démenti (6 albums à ce jour). Mais Gérard Delahaye a d’autres cordes à son arc ou à sa guitare devrait-on dire…
Car Gérard Delahaye a un répertoire « pour adultes ». S’il a produit plusieurs disques dans les années 1970/1980, il a ensuite consacré davantage sa carrière aux petites pousses, nous gratifiant de-ci de-là, de quelques perles comme La mer au cœur en 1991 ou La ballade du nord-ouest en 1997(1).
Plus proches de nous, Guillou pour les intimes en 2001 et Rue Poullic al Lor en 2012. Puis le silence jusqu’à aujourd’hui. En février prochain sortira le magnifique Jardin d’Éden. Une douzaine de chansons intemporelles, cueillies au fil des années et de ses rencontres.
Un très bel album aux tendres coloris pastels et naïfs, un peu à l’image de la peinture qui orne la pochette, tout en nuances. Pourtant, la naïveté se borne peut-être au visuel de l’album car les douze chansons sont toutes chargées de sens. La nature, l’amour, la mélancolie, l’indignation se succèdent au travers des paroles d’un poète parfois trop modeste pour en revendiquer le titre.
Bien entendu, la Bretagne est aussi présente au détour de telle ou telle chanson, même si cela ne saute pas aux yeux, comme sur « Galaxie libellule », « Au Menez-Hom » ou « Fest noz ». En humaniste qu’il est, Gérard ne manque pas l’occasion de saluer l’Afrique et ses malheurs sur « La guitare de Gao » ou les migrants sur « D’abondance et de liberté ».
Gérard Delahaye a fait appel à une pléiade de talents pour produire ce très bel objet, parmi lesquels les amis de toujours, Patrick Ewen et Yvon Le Men pour lui répondre sur « Shakespeare n’est pas mort ». Et puis citons encore Dan ar Braz, Patrick Boileau, Dominique Molard, Paul Leclerc au uilleann pipes ou Barri Boubacar Souleimane à la calebasse.
Les atmosphères naviguent de la Bretagne au Mali en passant par le jardin d’Éden bien sûr. Un album magnifique qui ne fait que confirmer le talent de ce faiseur de chansons et poète du quotidien.

Jardin d’Eden
Dylie 3212
12 € chez Coop Breizh
(1) Lire le magazine Le Peuple breton de juin 1997.