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War hent Youenn Gwernig, un album magnifique

S’il est une figure marquante du revival de la culture bretonne dans les années 70, c’est bien Youenn Gwernig, le « grand Youenn » comme tout le monde l’appelait de son vivant. Dans le sillage d’artistes comme Gilles Servat, Patrick Ewen ou Serge Kerguiduff, il s’était rapidement imposé sur la scène bretonne avec son allure de bûcheron canadien.

Tout juste rentré de New York où il s’était exilé avec femme et enfants, durant une douzaine d’années,il fut l’un de ceux qui animèrent les épiques soirées du manoir de Menez-Kamm en Spézet.

Au début des années 70, il participe par le chant et l’écriture aux luttes sociales et culturelles si riches et diverses à cette époque.

Durant ses années d’exil aux États-Unis, il avait écrit de nombreux poèmes et textes, tant en breton qu’en anglais ou en français, trois langues dans lesquelles il était à son aise. Et c’est justement avec quelques uns de ces poèmes et des chansons écrites par la suite, qu’il se produisit sur tant de scènes bretonnes, aux côtés de sa propre famille et de quelques musiciens. Il participe alors à la révolte bretonne. Il est de tous les grands mouvements sociaux et culturels.

C’est pour retracer la vie de ce grand bonhomme, que Goulc’han Kervella et la troupe théâtrale Strollad Ar Vro Bagan ont écrit et monté une pièce tout autant musicale que jouée. Une pièce écrite à partir des textes de Youenn Gwernig, d’interviews et de témoignages de personnes l’ayant côtoyé, en particulier sa fille aînée Annaïg, hélas disparue elle aussi voici deux ans.

Secondés par une demi-douzaine de chanteurs et musiciens (Tangi Le Gall-Carré, Erwan Moal, Julien Stévenin, Typhaine Corre, Tangi Merrien et Erwan Billant), les acteurs d’Ar Vro Bagan ont mis en scène une partie de l’œuvre de ce désormais « monument » de la culture bretonne.

Le présent album fait la part belle à quelques unes des plus belles chansons de l’ami Youenn. Citons en vrac Gwez en hommage à sa vie de sculpteur sur bois, Gwerz An Harluad et Identity sur son exil américain, Emvod, son amitié avec Jack Kerouac, Tuchenn Mikël et Gwerz Ti-Voujeret lors de son retour sur la terre de ses ancêtres, la très sensible Me ’garfe ainsi que N’am eus netra, sans oublier son « tube » E-kreiz an noz.

L’ensemble de l’album est magnifique et d’aucuns y retrouveront avec nostalgie tout ce qu’était Youenn Gwernig. Son œuvre et son existence pétries de valeurs humanistes et universelles illustrent à la perfection cette identité bretonne ouverte sur le monde.

WAR HENT YOUENN GWERNIG – Sonerezh diwar pezh-c’hoari Strollad Ar Vro Bagan (SUR LA ROUTE DE YOUENN GWERNIG – Musique de la pièce de théâtre d’Ar Vro Bagan). Paker Prod PROD 032 – www.pakerprod.bzh

 

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> Philippe Cousin

Journaliste musical. Passionné de musique celtique, Philippe Cousin écrit des articles et chroniques toujours attendus. Il tient sa propre rubrique depuis plus de 30 ans dans Le Peuple breton et écrit régulièrement dans Irish Music Magazine, un mensuel irlandais. Il participe aussi au webzine 5planetes.com, a écrit pour les magazines Univers celtes et Musiques celtiques et a collaboré pendant 20 ans à Trad magazine. [Lire ses articles]