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Bilan du festival de Cornouaille 2019

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Vieilles Charrues, Chant de Marin, Bout du Monde, Cornouaille, Brodeuses, Filets Bleus, FIL, et combien d’autres, la Bretagne est très riches en festivals d’été. Après les Vieilles Charrues, le Peuple breton était présent toute la semaine du Festival de Cornouaille du 23 au 28 juillet.

Le Peuple breton était d’ailleurs d’autant plus présent que pour la 1ère fois depuis 4 ans, il a fait beau toute la journée du dimanche ce qui a d’une part permis une tenue normale du défilé en présence d’une foule nombreuse et d’autre part à l’équipe du journal de tenir son stand toute la journée dans de très bonnes conditions.

Le grand nombre de spectacles et animations ne permet pas bien sûr d’être présent partout et de parler de tout. Un événement sur lequel bien sûr on ne peut pas passer, c’est le concert du 1er jour avec Erik Marchand et le Taraf de Caransebes. Entre Erik et le Taraf, c’est une longue histoire. Après la chute de Ceaucescu à Noël 1989, Erik avait participé à un convoi de 3 fourgons humanitaires, monté par diverses communes du Kreiz Breizh et parti de Poullaouën vers 3 villages près de Tulcea du côté du Delta du Danube. Puis il était très vite reparti vers le Banat, près de Timisoara, rencontrer un Taraf, groupe de musique Tzigane, en l’occurrence celui de Caransebes, pour une collaboration musicale et amicale qui dure toujours, puisqu’ils étaient en résidence il y a peu encore à Paimpol. Ils seront d’ailleurs présents ce dimanche au Festival du Chant de Marin.

À Quimper, ils ont donc fait une ouverture très appréciée du Festival. Si 3 des 6 musiciens (contrebasse, accordéon et cymbalum roumain – ou tsambal) sont plus ou moins nouveaux, les 3 autres sont toujours les mêmes depuis leur 1ère venue en Bretagne en 1992. Leur talent est toujours aussi grand : Costel Pau à la trompette, Dani Iova au saxo, et Costica Olan au taragot, clarinette roumaine dont il est l’un des plus grands si ce n’est le plus grand joueur actuel.

On retrouvait Erik Marchand le lendemain non pas sur scène mais en coulisses comme maître d’œuvre de la « Kreiz Breizh Academi #7 ». Cette très belle prestation était en 1ère partie d’un événement très attendu, le concert du Bagad Kemper à l’occasion de ses 70 ans ! Prestation très réussie aussi, avec des invités de renom comme Jean-Pierre Riou de Red Cardell, Dan Ar Braz qu’on ne présente plus, Sylvain Giro aux chants et deux chanteuses dont on parlera plus loin.

Dans les autres soirées non moins réussies, il y a eu le concert de Yann Tiersen (qu’on retrouva à Paimpol avec Denez Prigent) et la soirée Kemen Tu avec de belles prestations de 5 cercles de la Confédération War’l Leur (Elliant, Concarneau, St Malo, Lorient, Pont-l’Abbé). La prestation la plus appréciée a sans doute été celle de Pont-l’Abbé sur un thème pourtant pas facile, celui de la mort et du deuil.

Venons en enfin à la place des femmes dans le Festival. Beaucoup de prestations remarquées. On parlait plus haut du concert des 70 ans du Bagad Kemper : Marthe Vassalo, la chanteuse de Loened Fall, y était très présente tout du long et fut accompagnée aussi par Rozenn Talec. Leurs voix s’accordent parfaitement en Kan ha Diskan. D’autre part, au Novomax, la scène cette année était consacrée aux « Voix de Femmes » : on a retrouvé Marthe Vassalo dans « Paotred », en trio avec Nolùen Le Buhé et Annie Ebrel. Difficiles de faire mieux dans la qualité et le public leur a fait un triomphe. Toujours au Novomax, on a pu entendre un soir les quatre chanteuses polyphoniques de Barba Loutig (dont le Peuple breton a déjà parlé à d’autres occasions) et un autre soir les quatre chanteuses et musiciennes de Bubbey Mayse qui ont eu beaucoup de succès avec de la musique klezmer.

Place de la Résistance, on a pu entendre mercredi soir Nolwenn Korbell et le jeudi soir Aziliz Manrow, deux chanteuses de talent issues toutes deux de milieux artistiques, la 1ère est la fille d’Andrea ar Gouilh, la seconde était la petite fille de Jean Moign et la fille de Corine Moign. Un petit bémol qui ne retire rien à leur talent, la musique trop forte au détriment de la voix des chanteuses. Enfin en fest-noz (il y en a un chaque soir à Quimper), on y a retrouvé comme aux Charrues, Rozenn Talec avec le dynamique « Talec Noguet Quartet ». Et on y a remarqué la très jeune et prometteuse Iris Loric-Philippe au sein de « Iris ha Papaotred », lauréats du Tremplin Groupe 2018 au Roue Waroch de Plescop.

> Christian Pierre

Christian Pierre
Né en 1949, Christian PIERRE est membre de l'UDB depuis 1977. Très engagé pour la Bretagne, il est très investi aussi dans les Droits de l'Homme, comme à l'ACAT (ONG chrétienne de lutte pour l'abolition de la torture et contre la peine de mort) dont il est animateur du Groupe Quimper-Cornouaille. Il milite enfin pour les droits du peuple palestinien.