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Il y a 50 ans, l’Homme marchait sur la lune… grâce aux femmes !

Lune

Le 16 juillet 1969, trois hommes s’élancent pour la Lune. Le 21, deux d’entre eux mettent le pied sur le satellite de la Terre. Armstrong, Aldrin, Collins, tout le monde ou presque connaît leur nom, et ceux qui ne les connaissent pas vont en entendre parler ces temps-ci dans les médias puisque l’on fêtera bientôt le 50ème anniversaire de l’alunissage.

Trois « héros » donc. Mais qui connaît Katherine Johnson, Dorothy Vaughan et Mary Lackson ? En dehors des États-Unis, quasiment personne. Là-bas, guère plus. Parions que Trump n’en a jamais entendu parler. Et pourtant…

Ces trois scientifiques de « haut vol » – si l’on peut dire – avaient deux lourds handicaps dans l’Amérique des années 60 : femmes d’une part, noires de l’autre. A ce titre, traitées par le mépris par la communauté scientifique. Elles réussirent néanmoins à s’imposer à force d’obstination.

Katherine Johnson vit toujours ; elle a fêté ses 100 ans fin août 2018. Elle fut une physicienne, mathématicienne et ingénieure spatiale de haut niveau qui contribua aux programmes aéronautiques et spatiaux de la NASA. Réputée pour son efficacité avec les ordinateurs balbutiants, elle calculait et vérifiait les trajectoires et les plans d’urgence de nombreux vols du programme Mercury, dont les premières missions d’Alan Shepard et surtout John Glenn dont le retour chaotique au bout de 3 orbites au lieu de 7 fut sauvé en partie grâce à elle. En 2015, elle reçut la médaille présidentielle de la Liberté des mains de Barack Obama.

Dorothy Vaughan avait commencé à travailler en 1943 au NACA, ancêtre de la NASA, qui avait créé dès 1935 une section de femmes mathématiciennes, qui effectuaient des calculs complexes pour le programme aéronautique de l’armée américaine. Mais la spécificité de ce groupe était d’être constitué uniquement de femmes « afro-Américaines » faisant des calculs mathématiques complexes à la main, en utilisant les outils de l’époque, et surtout ne travaillant pas dans le même bâtiment que les scientifiques blancs. Elle devint très compétente en programmation informatique, enseignant le « Fortran », et incitant ses collègues à se préparer à la transition. Elle s’engagea à la NASA dans la lutte pour l’égalité salariale entre hommes et femmes. Elle est décédée en 2008 à 98 ans.

Mary Jackson, enfin, était entrée en 1951 dans la section informatique du centre de recherches de Langley dirigé par Dorithy Vaughan. En 1953, elle fût invitée à travailler au département de recherche sur la compressibilité afin de travailler en soufflerie supersonique. Elle suivit ensuite une formation spéciale pour devenir ingénieure et des cours du soir de mathématiques et de physique. Mais elle dut demander à la ville de Hampton une autorisation spéciale pour suivre les cours dispensés au lycée, cours alors réservés aux blancs ! Elle réussit la formation et en 1958, et elle devint la première femme noire ingénieure de la NASA. Après 34 ans passés à la NASA, Mary Jackson atteint le plus haut grade d’ingénieure possible mais sans devenir une dirigeante. Elle accepta même une diminution de salaire pour se réorienter dans l’administration et l’égalité des chances. Elle décéda en 2005 à l’âge de 83 ans.

Leur vie fut portée à l’écran en 2017. Le résumé du film « Les Figures de l’Ombre » explique que « le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines a permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran. »

L’occasion pour Le Peuple breton de rappeler que la compétence et la connaissance se moquent des préjugés et autres superstitions. Ni le racisme, ni la misogynie n’ont de sens.

> Christian Pierre

Christian Pierre
Né en 1949, Christian PIERRE est membre de l'UDB depuis 1977. Très engagé pour la Bretagne, il est très investi aussi dans les Droits de l'Homme, comme à l'ACAT (ONG chrétienne de lutte pour l'abolition de la torture et contre la peine de mort) dont il est animateur du Groupe Quimper-Cornouaille. Il milite enfin pour les droits du peuple palestinien.