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Douarnenez. Journée Brezhoneg war ar skrammoù au festival

Personnages principaux de la série Fin ar bed.

C’est l’un des plus vieux festivals de Bretagne et l’un des plus connus, le festival du cinéma – gouel ar filmoù de Douarnenez a ouvert ses portes samedi dernier. Comme chaque année il promeut les créations audiovisuelles en langue bretonne. C’était donc hier qu’était organisée la journée Brezhoneg war ar skrammoù (du breton sur les écrans).

Elle a commencé le matin avec la projection de la série Fin ar bed, en présence de Nolwenn Korbell, qui joue un des personnages principaux de la série. Série qui a été diffusée sur France 3 Bretagne, les chaînes locales ainsi que sur les réseaux sociaux en début d’année. Elle a rencontré un franc succès, en particulier chez les jeunes d’après Mael Le Guennec, responsable des programmes en breton sur France 3.

Il y a eu ensuite un temps d’échanges sur la création audiovisuelle en langue bretonne avec la présentation du travail de Catherine Delalande sur la fiction audiovisuelle en langue bretonne de 2009 à 2017. Ce travail a été réalisé dans le cadre du Diplôme d’Études Celtiques de l’université de Rennes 2. Elle a fait notamment un bilan chiffré du nombre de réalisations en Bretagne ainsi que les coûts de production. Sur la période précédemment citée il y a eu 6 courts métrages en langue bretonne sur les 188 qui ont été produits ; 11 téléfilms et séries télé sur 69 ; et un long métrage (Lann Vraz) sur 84. Fin ar bed est la série qui a coûté le plus cher par minute produite (pratiquement 8 000 €/min). Il faut savoir qu’une deuxième saison est prévue. Catherine Delalande a mis en exergue les points forts de la production audiovisuelle en langue bretonne, à savoir qu’il existe maintenant des réalisateurs formés, des techniciens compétents ainsi que des acteurs, mais également des institutions et des diffuseurs prêts à suivre et même à encourager la création. Ce qui est beaucoup plus que dans d’autres régions.
Catherine Delalande a fait remarquer qu’il existe d’autres créations de fiction qui ne sont pas soutenus par les collectivités ou les diffuseurs et qui ont le mérite d’exister comme la série C’hwi a gano, dont le tournage de la deuxième saison a lieu actuellement.
Ensuite Mael Le Guennec pour France 3 et Ronan Le Louarn pour la Région Bretagne ont présenté le projet de concours d’écriture de scénario de fiction. À l’initiative des deux institutions, financé majoritairement par la Région, le concours a pour objectif d’encourager les brittophones à écrire de la fiction. Dans l’état actuel du projet le premier lauréat du concours recevrait 3 000 € et le deuxième et le troisième 1 000 €, avec comme objectif d’aboutir à un scénario complet qui pourra être produit pour en faire une nouvelle série fiction en langue bretonne. Le cadrage du minutage (entre trois et cinq minutes par épisodes) a fait débat, beaucoup de personnes dans le public trouvant que cela faisait trop court. La série fera dix épisodes au minimum. Les prix seront remis en 2019, ce qui laisse supposer une diffusion pas avant 2020 voire 2021.

Pour terminer la journée Brezhoneg war ar skrammoù, le festival diffusait trois courts métrages en avant-première. La salle des fêtes était comble pour cette présentation, beaucoup de personnes n’ont pas pu rentrer faute de place. Fog, un court métrage de 17 minutes, assez décalé. Ensuite Anna Jaouen, un court métrage émouvant sur le sort d’une mère veuve en Kreiz Breizh dans les années 1970. Et enfin Pamela hag Alice, un court métrage adapté d’une nouvelle de Gérard Gwenn, plutôt comique.

Un petit bémol tout de même : la plupart des débats et des présentations s’est tenue en français, sans doute dans le but de ne pas gêner les non-brittophones, mais au final ce sont les brittophones qui s’en sont retrouvés gênés.

> Maxime TOUZE

Maxime TOUZE
Rédacteur en chef de la partie en langue bretonne du Peuple breton, Maxime Touzé est également professeur de breton et d'histoire-géographie.