
L’examen des lettres-plafonds et les récentes déclarations du président de l’Agence de financement des infrastructures de transports (Afit) pré-figurent une annulation totale du budget de l’État pour le vélo. Alors que les mobilités restent le principal pourvoyeur de CO2 dans notre société, qu’elles sont un enjeu pour l’avenir de nos villes plus durables, plus respirables, plus apaisées, ce coup d’arrêt brutal aggravera notre dette écologique. Il est urgent que les parlementaires s’emparent de la question et dégèle le budget actuel pour maintenir le cap pour 2025.
Le tour-de-vis budgétaire privera-t-il les collectivités de moyens pour développer le vélo ? C’est ce que laissent entendre la lecture des lettres-plafonds et les déclarations de Franck Leroy, président de l’organisme en charge de financer les projets d’infrastructures pour le compte de l’État (Afit).
« La trajectoire de référence de [l’Afit] se traduit par un niveau de dépenses de 3,7 milliards d’euros en 2025 », écrit Bercy dans une information publiée par Contexte, soit 1 milliard d’euros de moins qu’en 2024. Comment opérer ce tour-de-vis ? « Par l’absence d’engagements nouveaux dans le cadre des différents appels à projets lancés », conclut le président de l’Afit.
Derrière ces déclarations, nous pouvons y voir une confirmation des craintes soulevées depuis le printemps : une annulation pure et simple du budget vélo en 2024 et en 2025. Une décision politique en totale contradiction avec les engagements pris par le Gouvernement en mai 2023 dans le cadre du Plan Vélo 2023-2027.
Rien qu’en 2024, plus de 400 collectivités impactées par le gel des crédits
Les acteurs du vélo avaient salué la publication de ce plan qui promettait un investissement à hauteur de 1,25 milliard d’euros sur 2023-2027 pour doubler le nombre de pistes cyclables en France.
Les investissements réalisés en 2023 ont atteint des niveaux record, confirmée par une hausse de la pratique du vélo de plus de 40 % depuis 2020. 2024 devait renforcer cette dynamique positive. Le lancement du 7e appel à projets « aménagements cyclables » en novembre 2023 a permis à plus de 400 collectivités de proposer des projets pour le vélo. La confirmation des lauréats par l’État devait avoir lieu en juillet 2024, selon un communiqué de presse du Gouvernement. Or, les financements de l’État sont aujourd’hui gelés. Les 400 projets déposés sont menacés de ne pas voir le jour. Un comble alors que les pistes cyclables sont nécessaires pour le développement de la pratique cyclable sur notre territoire.
La Fédération des Usagères et Usagers de la Bicyclette (FUB, principale coordination nationales des acteurs associatifs du vélo) alerte les parlementaires à l’approche de l’examen du projet de loi de finances 2025. Alors que le secteur des transports reste de loin le plus émetteur de gaz à effet de serre avec 34 % de nos émissions nationales, selon le dernier Observatoire Climat-énergie, une étude du CNAM datant du printemps dernier démontre que la pratique du vélo permet d’éviter 2000 décès par an et que chaque kilomètre parcouru à vélo équivaut à un euro de coût social évité.
La réponse qui se dessine aujourd’hui : un tour de vis budgétaire. La FUB appelle à un « sursaut parlementaire » : la réussite du plan vélo depuis 2018 a montré l’efficacité de cette politique publique dans les territoires urbains comme ruraux et la capacité à obtenir des accords transpartisans.
Surtout qu’au niveau de la transition écologique, de la sécurité routière, de la santé : les investissements qui ne sont pas réalisés aujourd’hui pour le vélo se paieront le double demain.
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