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Langue bretonne : pour poursuivre le débat engagé…

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Que mon article « Un plan sans stratégie pour la langue bretonne ? » paru dans le numéro d’octobre du Peuple breton ait suscité des réactions, positives comme négatives, est une bonne nouvelle, même si l’ampleur de ce débat m’a surpris. Certaines des critiques m’ont paru relever parfois d’une lecture partielle, voire partiale, de mon propos. C’est la règle du jeu. Cela n’appelle pas commentaire. Ce propos a aussi donné lieu à des retours étayés tel celui de Nil Caouissin, que je remercie. Je souhaite ici poursuivre la réflexion à laquelle invite son analyse, complète, intéressante et solidement argumentée, et ce dans le même esprit constructif dont il fait preuve, et en n’oubliant pas l’objectif que nous avons en commun.

Il m’importe tout d’abord d’assurer mon interlocuteur, et tous ceux que mon propos aurait blessé, que nul n’était bien évidemment mon intention. Il n’était question pour moi de remettre en cause ni l’engagement des enseignants, ni l’importance pour notre combat du désir de breton des parents, ni enfin les capacités des élèves mobilisés dans l’acquisition de notre langue, mais de considérer que peut-être la satisfaction suscitée par l’ouverture de nouvelles classes bilingues masquait des insuffisances plus profondes, sur lesquelles nous ne pouvions faire l’économie de nous interroger. Je concède par ailleurs bien volontiers à Nil Caouissin avoir sans doute sous-estimé le cadre institutionnel, ses contraintes et la nécessité de faire feu de tout bois face à ce qu’il tient pour « une vague bienveillance peu motivée » d’institutions qui « ont voulu la mort de notre langue ». Il maîtrise mieux que moi ces réalités.

J’entends donc et accepte bien volontiers son diagnostic quant à la nécessité de ne céder sur aucun terrain, ainsi que ses remarques quant à l’importance de ne pas cliver. Si mon propos a pu le laisser entendre, je le regrette. Le comparatif 1 000 / 50 000 relevait de l’image et non du chiffre exact. Je souhaite bien entendu que demain 50 000, voire 100 000 ou 200 000 locuteurs du breton soient au rendez-vous. Mais ce qui m’importe plus encore, c’est que ces locuteurs vivent, réfléchissent, aiment, rêvent, innovent, écrivent en breton… Là est mon horizon, et là aussi mon inquiétude, y compris via la connaissance qui est la mienne de la situation d’autres aires linguistiques, parfois très éloignées géographiquement des nôtres.

Une approche à distance

Nil Caouissin prend la peine de préciser d’où il parle. Il fait bien, et j’ai pour ma part manqué à cette exigence. Je me permets de corriger cela. Ildarais par mes origines familiales, j’ai longtemps vécu en Nouvelle-Calédonie, où se parlent entre autres 28 langues kanak. Je suis bretonnant, et ce choix d’apprendre et parler notre langue m’engage depuis maintenant un bon nombre d’années, même si je vis depuis cinq ans à distance de la Bretagne car poursuis ma formation en sociolinguistique en Écosse, après un temps passé en Irlande. Peut-être suis-je de ce fait influencé par ma proximité avec les Gaeltachtaí irlandais, les Highlands écossais et les vallées galloises. Cette distance offre un angle autre, et c’est cet angle qui m’a conduit à questionner ce que nous faisons en Bretagne. Ce que nous voulons.

Ce contexte, mon sujet d’étude sur – pour faire vite – les espaces informels de transmission des langues en situation minoritaire, mon expérience océanienne également peut-être, m’amènent notamment à attacher une attention forte aux problématiques de transmission hors du champ scolaire, et au rôle des liens intergénérationnels dans celle-ci. J’ai au fond la conviction qu’il nous faut plus que jamais réfléchir à ce qui fait vivante une langue, réfléchir aux moyens de mettre en œuvre un continuum culturel entre l’apprentissage du breton à l’école, bien sûr à soutenir et développer, et une pratique hors l’école qui soit la plus riche et la plus dynamique possible. De ce point de vue, je crois que se pose à nous la question de ce qui est à prioriser, et de l’idéal que nous poursuivons. Car je ne parle pas breton pour être différent, mais je parle breton pour devenir moi-même, un être inscrit dans une généalogie, dont la langue soit plus que l’instrument d’une affirmation symbolique, à portée identitaire. Si le breton ne devait être que cela, il y a fort à parier que lui soit préféré au final le français pour tout ce qui compte vraiment.

Nil Caouissin a raison de le noter : c’est bien là que se situe le cœur de mes préoccupations. L’entrée par la question des classes bilingues l’a fait passer au second plan. Au temps pour moi. Je vais donc m’efforcer de clarifier.

Des « réserves indiennes » ?

La caricature est un risque dans un tel débat, Nil Caouissin fait bien de le rappeler. La mention d’une Basse-Bretagne transformée en réserve amérindienne – dont certaines, disons-le, rencontrent beaucoup de succès dans la revitalisation de leurs langues –, également mentionnée dans le tweet d’un autre interlocuteur qui fait clairement référence aux Gaeltachtaí irlandais, n’en est pas loin. Ce dernier les tient pour un exemple avéré d’échec, ayant entraîné une « marginalisation politique et sociale ». Or qu’en est-il exactement, puisque ce contexte des Gaeltachtaí habite également ma propre pensée ?

Pour les lecteurs non-familiers du concept, un Gaeltacht est une région où le gaélique irlandais est parlé par la majorité de la population, et à laquelle est de ce fait appliquée une politique linguistique spécifique, bénéficiant de fonds particuliers et d’un soutien étatique visant à ce que l’irlandais continue d’y être une langue dominante dans tous les milieux. Les Gaeltachtaí furent créés quelques années après l’indépendance irlandaise dans le but d’endiguer la chute du nombre de locuteurs dans ces communautés, les dernières gaélisantes d’Irlande. Cette politique fut certainement la politique linguistique la plus pertinente et la plus efficiente mise en place dans l’Île Verte : des années 20 à nos jours, ces Gaeltachtaí ont perduré, et la population de locuteurs natifs y a connu une grande stabilité, sans en aucun cas être marginalisée socialement. Le Gaeltacht permet également d’offrir aux dizaines de milliers d’élèves des écoles irlandaises un lieu de pratique et d’usage de la langue, qui autrement ne serait pour eux qu’une discipline scolaire. Les élèves les plus engagés avec le Gaeltachtaí sont aussi les plus compétents. Le Gaeltacht permet enfin aux adultes apprenant l’irlandais dans des zones anglophones de perfectionner leurs connaissances linguistiques et sociolinguistiques, d’établir une relation plus intime et enracinée avec la langue, et de renouer avec ce qui les a motivés à l’apprendre, à savoir l’expérience d’une authentique connexion avec la population gaélique.

L’échec irlandais ne tient pas aux Gaeltachtaí, mais à la politique scolaire mise en œuvre à l’échelle du pays. L’enseignement du gaélique y fut généralisé sans véritable suivi et sans objectif clair. Cette généralisation reposait sur le principe – erroné – que les élèves se tourneraient naturellement vers cette langue et l’utiliseraient comme langue dominante. Le résultat, nous le connaissons tous : les Irlandais sont presque tous capables de dire quelques phrases, mais la revitalisation linguistique hors du Gaeltacht n’a jamais vraiment eu lieu en presque cent ans.

Ces dernières années, un regain d’intérêt chez certains jeunes urbains a pu être observé, mais semble relever plus d’un hobby que d’une réelle réappropriation de la langue. La transmission familiale hors du Gaeltacht est négligeable, et souvent le fait d’irlandophones venant de ces régions. Quant au déclin, récent, du Gaeltacht, il résulte moins du modèle qu’il met en œuvre que de l’abandon par Dublin de la politique de soutien sur lequel il reposait, suite aux politiques d’austérité mises en œuvre à partir de 2008. Le problème n’est donc pas le Gaeltacht, mais le néo-libéralisme entraînant la migration massive de jeunes gaélisants vers des zones urbaines anglophones. Ils y font éventuellement réseau, mais il semble bien qu’un réseau ne remplace pas une communauté en matière de vitalité linguistique.

L’idée de Gaeltacht existe à un certain degré au Pays de Galles, avec des priorités données au Bro Gymraeg (partie galloisante du pays) en termes de politique linguistique, ce qui est très bénéfique. Quant à l’Écosse, les experts insistent de plus en plus sur la nécessité de mettre en place un Gàidhealtachd dans les Highlands pour préserver les communautés gaélisantes menacées d’extinction.

En Bretagne, une telle politique aurait été probablement bénéfique à la langue bretonne il y a soixante ans. Aujourd’hui, et avec une moindre ampleur, il n’est pas absurde de s’interroger sur l’intérêt qu’elle pourrait avoir pour rétablir le lien intergénérationnel mis à mal et redonner à la langue bretonne son statut de langue sociale pour un certain nombre d’élèves et de familles. Évidemment, le cadre légal français ne le permettrait pas dans les mêmes termes que chez nos voisins celtiques, mais inclure un tel concept dans notre pensée stratégique serait, je le crois, extrêmement utile. J’invite à ce sujet les lecteurs à se tourner vers Ó Torna, Cruthú na Gaeltachta, 1893-1922 (2005, en irlandais) ou, plus accessible, vers la thèse récente de Ben Ó Ceallaigh, Neoliberalism and Language Shift (2019, en anglais).

Un retour sur nos croyances et nos objectifs

Nous sommes tous habités par certaines croyances. Les miennes portaient (à l’imparfait, grâce à l’article de Nil Caouissin) sur le fonctionnement de l’ouverture des classes bilingues. Les croyances d’autres interlocuteurs ont trait aux comportements linguistiques des populations. Il me semble qu’il en est une, finalement bien française, selon laquelle l’école serait la clef de la survie de notre langue. Or le constat s’impose de plus en plus, en Bretagne comme dans d’autres aires linguistiques du monde : les écoles bilingues seules paraissent impuissantes à sauver durablement les langues en situation minoritaire. Pour ce qui concerne la Bretagne, les enfants quittent le CM2 avec un niveau acceptable de breton, mais ce niveau ne s’érode-t-il pas assez vite, sauf si leurs parents sont bretonnants (chose rare), ou s’ils ont la chance de vivre à proximité d’un établissement secondaire offrant un enseignement bilingue ? Dans ce cas, leur breton pourra se renforcer, mais deviendra-t-il pour autant pour eux plus qu’une langue scolaire, rarement utilisée avec leurs collègues, peu, voire jamais dans leur environnement social ? Avec les années post-baccalauréat, combien auront avec cette langue un rapport autre que celui, au mieux, de locuteurs passifs ? Quelques-uns sans doute, mais devons-nous nous en satisfaire ? Dans un contexte extrêmement proche du nôtre, en Écosse, la recherche a démontré que les élèves sortant des classes bilingues hors des Highlands abandonnaient rapidement le gaélique par manque de connexion personnelle et sociale, et par sentiment que cette langue (qu’ils apprécient) n’est pas constitutive de leur intégrité – chose observée également au Pays Basque, au Pays de Galles et en Irlande. Des recherches récentes montrent également que l’absence de contacts avec des locuteurs natifs a pour résultat l’acquisition d’une langue dont les limitations forcent aux calques permanent sur la langue dominante en matière de syntaxes, idiomes et grammaire. Ce sont toutes ces questions, nourries de tous ces constats, qui ont motivé mon propos sur ce que je perçois comme un plan dont je n’ai pas manqué de saluer la riche lecture par Rouedad ar Brezhoneg, mais dont je questionnais l’approche stratégique.

L’appropriation de notre langue et de tout ce qu’elle véhicule, que Nil Caouissin et moi-même désirons tant, peut-elle vraiment avoir lieu sans construction des conditions d’une exposition sociale, sans la définition d’une stratégie qualitative qui ne passerait pas au second plan ? Je sais qu’il existe de nombreuses initiatives pour offrir des contextes bretonnants extra-scolaires à nos enfants, mais celles-ci sont-elles suffisamment développées et soutenues, dans le cadre d’une vision plus large et plus claire de ce que nous voulons ? Vivre de l’espoir qu’au sortir des classes bilingues les élèves feront le reste du travail eux-mêmes n’est pas suffisant, d’où la nécessité d’interroger notre pensée stratégique, autant au niveau de la Région que dans l’Emsav, et même si comme nous tous je ne prétends détenir aucune recette. Changer d’approche sur le rôle de l’école n’est pas attaquer ce qu’elle apporte, mais reposer des questions centrales : que voulons-nous ? Pourquoi voulons-nous ces classes bilingues à travers la Bretagne ? Qu’espérons-nous obtenir par ce biais ?

Peut-être pouvons-nous maintenir ce rythme d’ouverture de classes bilingues tout en renforçant notre offre existante et en garantissant la continuité de notre enseignement. Le problème est que ces ouvertures se font dans un contexte qui n’est plus celui des débuts de l’Emsav. Le but alors était clair : préserver le breton comme langue de communication et de culture pour le million de Bas-Bretons qui le parlaient. Le combat d’aujourd’hui est autre me semble-t-il. Il exige de redéfinir nos objectifs.

Pas de sacrifices, mais des priorités

Pas plus que Nil Caouissin, je n’appelle à des « sacrifices ». Nous sommes trop faibles pour faire des concessions. Mais prioriser et repenser notre approche qualitative me parait nécessaire. Or, je ne peux concevoir cette priorisation en faisant l’impasse sur celles et ceux qui sont encore à nos côtés, ces anciens dont « l’absence », il faut s’en souvenir, témoigne peut-être aussi des blessures vécues à l’endroit de la langue.

Opposer les enfants, qui sont le futur, à ces anciens, pose au fond la question de la temporalité où nous choisissons d’inscrire nos actions, temporalité peu prise en compte dans les mouvements de revitalisation linguistique et culturelle, en Bretagne comme ailleurs. Nous parlons de comment était notre langue hier. Nous nous préoccupons de comment sera notre langue demain, qui la parlera, combien la parleront. Mais nous mobilisons-nous assez – et je m’inclus bien évidemment dans cette interpellation – sur le comment vit notre langue aujourd’hui ? Nil Caouissin pointe, certainement à raison, la difficulté de solliciter les anciens. Pourtant ils sont encore en vie, et ont encore beaucoup à nous apprendre. De même, les enfants qui entrent chaque année en classe bilingue, comme ceux qui passent le bac en breton, le font aujourd’hui, pas demain, ni hier. Est-ce soulever un tabou que de s’interroger sur l’urgence, pour nos politiques linguistiques, de s’inscrire dans ce présent où pour quelques années encore nous avons accès, via les anciens, à cette société, cette langue et cette culture que nous nous battons pour préserver, et auxquelles nous souhaitons donner un futur ?

Là était le cœur de ma lecture. Je remercie encore Nil Caouissin et quelques autres de m’avoir conduit à la faire évoluer sur certains points, et donné sur d’autres l’occasion de mieux l’expliciter, avec l’unique objectif de réfléchir ensemble au combat qui nous est commun.

Appendice : Intégrer les anciens à la conversation

Certains pensent que les anciens ne parlent plus breton, ou seulement au bistro. C’est évidemment ignoré le fait que les veillées, pièces de théâtre et autres festoù-noz, du moins en Basse-Bretagne, rassemblent encore beaucoup de ceux qu’on ne voit jamais dans les groupes militants. Ces réseaux, que certains membres de l’Emsav connaissent bien et d’autres pas du tout, peuvent être une porte vers des débats et conversations publiques sur la revitalisation de notre langue. Créer un espace de parole et de rencontre dans les villages et les villes de Basse-Bretagne semble crucial. De telles initiatives devraient être développées où elles existent et créer où elles n’existent pas. Si ces réunions prennent directement pour thème la langue bretonne, il est possible que peut s’y rendent – mais ceux-ci pourront ensuite rapporter leurs réflexions à leurs propres réseaux. Toutefois, ces réunions peuvent aussi prendre pour thème la ruralité, l’éducation, le développement local, les liens intergénérationnels, ou d’autres questions économiques et sociales majeures, en replaçant la langue bretonne au cœur du débat. Il y a beaucoup à créer, mais donner un rôle aux anciens dans la revitalisation de notre langue ne peut pas se contenter d’un simple « ils ne veulent pas », car nous savons tous que là n’est pas le problème. Cette intégration ne doit pas être vue comme un bonus, mais comme un élément clef de notre militantisme si nous voulons réhabiliter notre culture, notre langue et notre société et leur redonner un futur.

À la demande de la rédaction, je présente ci-dessous quelques éléments de réflexions. Ce ne sont que quelques idées glanées en Bretagne et ailleurs. N’oublions jamais que la revitalisation linguistique dans sa forme actuelle est un processus nouveau, et il reste beaucoup de méthodes à découvrir et d’expériences à faire.

Renforcer les projets « maître-apprenti »

Dans beaucoup de situations de langues en danger où la transmission intergénérationnelle s’est interrompue, la mise en place de programmes dit de « maître et apprenti » (master-apprentice) ont vu le jour avec succès. Ce fut notamment le cas en Amérique du Nord pour certaines des langues amérindiennes les plus menacées. Dans un contexte celtique, les communautés gaélisantes de Nouvelle Écosse (Canada) ont créé le projet « Bun is Bàrr », couplant de jeunes apprenants à de vieux locuteurs natifs. Ce programme a été extrêmement fructueux et a grandement participé au développement de jeunes locuteurs compétents autant linguistiquement que culturellement et sociolinguistiquement.

En Bretagne une telle initiative existe avec le programme Bazhvalan, dont l’état actuel m’est inconnu – les informations en ligne étant datées. Quoiqu’il en soit, un tel programme est excellent autant pour les apprenants adultes que les élèves des classes bilingues. Il existe de nombreuses formes de couplage, et j’invite les lecteurs intéressés à lire plus avant sur la question. Au niveau scolaire, avoir un programme cohérent invitant des locuteurs natifs dans les écoles pour discuter de leurs métiers, passe-temps, de culture ou d’histoire (entre autres) peut s’avérer très judicieux et semble avoir du succès dans les exemples anecdotiques que nous avons, comme à Bégard. Aller plus loin en emmenant les élèves chez les anciens, que ce soit dans les maisons de retraites ou dans les domiciles de ces derniers, serait également très bénéfique. Cela fut prouvé dans les Hawai’ian Charter Schools à Hawai’i (voir Salaün, ci-dessous) et dans d’autres contextes.

Ces initiatives existent ou ont existé en Bretagne, et doivent être généralisées. Outre évidemment le volontarisme dont se nourrit l’Emsav, on peut imaginer des investissement régionaux, communaux, voire conjoints, pour soutenir ces initiatives et – pourquoi pas ? – créer de nouveaux emplois en langue bretonne. Tous en bénéficieraient, des écoles aux cours pour adultes en passant évidemment par nos anciens.

Voir :

Hinton, Leanne. 2011. “Language revitalization and language pedagogy: new teaching and learning strategies” in Language and Education, 25/4, pp. 307-318. [en anglais]

MacEachen, Frances. 2013. Bun is Bàrr Master Apprentice Program: Project Closure Report (Gaelic Affairs). [en anglais]

Salaün, Marie. 2013. Décoloniser l’école ? Hawai’i, Nouvelle-Calédonie. Expériences Contemporaines (Rennes: Presses universitaires de Rennes).

Renforcer les programmes de collectages

Le travail de Dastum est inestimable pour notre peuple. La poursuite du collectage doit se faire, et être développer. La multiplication des plateformes d’apprentissage intégrant des enregistrements peut avoir beaucoup de valeur à l’époque de l’internet. Des sites comme dalriada.scot (Écosse) ou cainntmomhathar.com (Canada) montrent que la création de telles plateformes peut être humble tout en étant extrêmement utile. De plus, et rejoignant les programmes comme Bazhvalan, le collectage pourrait être intégré de façon beaucoup plus systématique aux activités scolaires, en fonction des libertés pédagogiques de chaque système (Dihun, Divyezh, Diwan).

Voir :

dalriada.scot

cainntmomhathar.com

tobarandualchais.co.uk

Organiser des cours d’alphabétisations pour les anciens

Il existe beaucoup de problèmes lorsqu’on veut intégrer plus avant les anciens au mouvement de revitalisation. Outre les humiliations passées et l’intégration d’idées négatives vis-à-vis de la langue bretonne, le fait que beaucoup de locuteurs natifs se sentent détachés d’un certain usage du breton (celui des médias, de l’Emsav et de l’école) n’aide guère. La recherche montre que beaucoup d’anciens en Bretagne pensent que leurs compétences linguistiques sont sans intérêt par manque d’alphabétisation. Organiser des ateliers pour alphabétiser nos populations semblent un bon moyen de combler un peu plus ce fossé entre-nous. Ces ateliers peuvent faire partie d’une campagne ambulante, voire faire l’objet de financement communaux ou régionaux. Qui plus est, cela ne fera pas de mal à l’édition en langue bretonne vue à quel point nos anciens lisent ! Je crois savoir que quelques cours de ce type furent organisés par le passé, et ils devraient être généralisés.

> Fañch Bihan-Gallic

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Fañch Bihan-Gallic est doctorant en études celtiques à Édimbourg, Écosse.