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Grande manifestation pour l’indépendance catalane en plein Madrid

Madrid

La cinquième semaine du procès contre les indépendantistes catalans a été marquée par la déclaration du commandant des Mossos d’Esquadra, Josep Lluís Trapero, par l’interdiction faite par le président du tribunal de visionner les vidéos des manifestations et surtout par la manifestation des Catalans à Madrid en signe de protestation pour la répression, manifestation qui connut un franc succès.

Selon les organisateurs, quelque 120 000 manifestants (chiffres repris de manière généralisée par la presse catalane et internationale) ont parcouru la rue Alcalá jusqu’à la Plaza Cibeles à Madrid le samedi 16 mars, avant d’écouter les parlements et les chansons des organisateurs de la société civile catalane et des organisations espagnols, galiciens, basques et andalous. Une grande manifestation, pacifique et simple, qui a surpris les Castillans (peu renseignés par les médias espagnols) et s’est terminée par une impressionnante « Estaca », entonnée par Lluís Llach et reprise par la foule. Manifestation historique et inédite dans la capitale espagnole, mais qui s’est vue opposée un refus du dialogue. Pedro Sanchez a annoncé que le PSOE n’acceptera jamais l’indépendance catalane, tandis que la droite et les populistes (PP et citoyens) proféraient leurs habituels anathèmes furibonds et leurs promesses de répression de plus en plus explicites contre les indépendantistes, les Catalans et la Catalogne en général.

Plainte formelle de la défense contre la partialité du président du tribunal

Symbole du chemin qu’est en train de prendre le procès, Jordi Pina, défenseur de Rull, Turull et Sànchez, a officiellement formulé une plainte contre le président du tribunal Manuel Marchena pour « violation des droits fondamentaux » des accusés, pour s’opposer systématiquement au visionnage des vidéos demandées par les avocats, des vidéos montrant soit le caractère pacifique des manifestants, soit illustrant les violences policières exercées contre les électeurs, qui démentent ainsi la thèse de « rébellion » ou de « sédition » des accusations. Il a également protesté contre les questions accusatrices de Marchena lui-même devant le commandant Trapero, à la place des accusations, qui n’avaient pas été formulées, « compromettant ainsi l’impartialité qui doit présider au procès, ayant assumé la présidence avec une attitude inquisitrice au-delà des objectifs de clarification des preuves permis par la loi ».

Les accusations ne démontrent aucune violence

Le défilé des témoins, tout au long de la semaine, n’a permis à aucun moment que les accusations puissent démontrer à aucun moment que les électeurs n’aient été auteurs d’actes de violence le jour du référendum, ni que les policiers catalans étaient complices avec les manifestants qui s’opposaient par leur résistance pacifique aux charges brutales de la police espagnole. Même le juge Marchena a menacé un témoin de la Generalitat d’un possible faux témoignage s’il continuait à dire qu’il « ne se souvenait pas » des faits que voulaient lui faire avouer le parquet. Le commandant des Mossos d’Esquadra a enfoncé le clou en démentant tout « complot » lorsqu’il a révélé qu’il avait même envisagé d’arrêter le gouvernement catalan.

Les candidatures aux différentes convocations électorales se sont précisées, avec la candidature de Oriol Junqueras, leader de la liste aux européennes (pour ERC) et candidat de l’Alliance libre européenne à la présidence de la Commission, ou celle de Carles Puigdemont pour Junts per catalunya. Pour les élections législatives espagnoles, Jordi Sànchez (JxCat) et Laura Borràs, l’actuelle ministre de la Culture de Catalogne, Jaume Alonso Cuevillas, avocat de Puigdemont (JxCat à Girona), Turull, seront en tête de la liste JxCat de Lleida, Rull à Tarragone, Montserat Bassa, la sœur de la ministre catalane emprisonnée, devient la tête de la liste d’ERC, tandis que Joaquim Forn, emprisonné, est la tête de liste de JxCat à Barcelone avec Elsa Artadi, numéro 2 du ministre de la Generalitat.

> Alà Baylac Ferrer

Alà Baylac Ferrer
Alà Baylac Ferrer est le directeur de l’IFCT, Université de Perpinyà.