Accueil / À la Une / La ligne Châteaubriant-Rennes enfin remise en état ?

La ligne Châteaubriant-Rennes enfin remise en état ?

Après de longs mois de doutes, le suspens est retombé avec l’annonce du quasi-bouclage du plan de financement de la ligne Rennes-Châteaubriant. S’il importe de maintenir une certaine vigilance sur le financement du dernier million manquant (sur un total de 42 millions), le plan de remise en état de la ligne semble enfin sur de bons rails.

Pour l’Association citoyenne Châteaubriant Rennes en train (ACCRET), ce sauvetage in extremis est dû à « l’effort considérable fourni par les collectivités locales et territoriales », alors que « ni l’État ni SNCF Réseau n’ont fait preuve de conciliation et de bonne volonté. Il leur aurait été parfaitement possible, par exemple, de proposer 1M€ d’économies sur le montant estimé des travaux pour apporter leur écot. Ils ne l’ont pas fait. Une fois de plus ils démontrent qu’ils font partie du problème et pas de la solution. »

Pour Nil Caouissin, porte-parole de l’Union démocratique bretonne, « la répartition des financements démontre une fois de plus que l’État et SNCF Réseau se désintéressent des lignes d’intérêt local, celles qui servent notamment aux déplacements quotidiens domicile-travail. La Bretagne gagnerait beaucoup à obtenir le pilotage des politiques de transport et les moyens correspondants, comme le propose l’UDB dans son livre-projet et dans sa contribution au débat sur le droit à la différenciation. »

L’essentiel est maintenant que les travaux aient lieu au plus vite afin de permettre de rouvrir la section Retiers-Châteaubriant à la circulation des trains et plus généralement de retrouver des performances satisfaisantes pour les usagers. En effet, avant la dégradation des grilles horaires imposée par l’état de l’infrastructure, la fréquentation de cette ligne était en croissance rapide.

Ana Sohier, élue UDB au Conseil municipal de Rennes et à Rennes Métropole, réagit en affirmant que « cet axe ferroviaire est un des outils à mobiliser pour désaturer le trafic sur la rocade rennaise, pour offrir une alternative de plus à la voiture individuelle sur le territoire de Rennes Métropole et au-delà, et bien sûr pour améliorer les liaisons avec la métropole nantaise. À ce titre, l’UDB continue de défendre la mise en place d’une ligne TER Rennes-Nantes via Châteaubriant, à même de soulager le nœud de Redon et d’améliorer le cadencement et le temps de trajet. » De son côté, Pierre-Emmanuel Marais, élu UDB à Nantes et à Nantes-Métropole, suivait aussi de près les discussions autour du financement des travaux : « Même si cette remise en état ne correspond pas à nos attentes, elle préserve l’avenir en évitant un arrêt du service ferroviaire entre Retiers et Châteaubriant. L’option d’une deuxième liaison TER Nantes-Rennes via Châteaubriant reste bien sur la table. »

Reste qu’il faudra certainement maintenir une vigilance sur l’avenir de la ligne : si l’urgence est bien dans la remise en état, une véritable modernisation reste nécessaire, notamment pour éviter que l’évolution des systèmes de la gare de Rennes ne rende la ligne obsolète. Par ailleurs il faudra également veiller à ce que la qualité de service et le dimensionnement du matériel roulant s’améliorent significativement.

Si le financement de la remise en état est effectivement bouclé, ce qui ne fait plus guère de doute aujourd’hui malgré l’attitude de l’État, ce sera en grande partie grâce à la mobilisation de l’Association citoyenne Châteaubriant-Rennes en train (ACCRET), qui a mené un travail de pédagogie et d’information irremplaçable sur ce dossier.

> Nil CAOUISSIN

Nil CAOUISSIN
Nil Caouissin est porte-parole de l'Union démocratique bretonne.