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Gael Briand, candidat UDB dans la circonscription de Lorient

Gael Briand
Gael Briand en compagnie de sa remplaçante Patricia Riou

Gael Briand est rédacteur en chef du Peuple breton. Il est aussi conseiller municipal à Lorient et conseiller régional. Il se présente pour l’UDB dans la 5e circonscription du Morbihan.

Quel a été votre parcours politique ? Pourquoi avoir choisi de militer à l’UDB ?

Je dis souvent que je suis devenu autonomiste à 11 ans. C’est l’âge où j’ai compris que je voulais penser la politique à partir d’ici et pas en cherchant des solutions toutes faites qui s’appliqueraient partout. Je ne voulais pas d’un parti où les décisions se prennent à Paris puisque je ne voulais pas non plus que les réponses à nos problèmes nous soient imposées depuis « la capitale ». A 17 ans, j’ai pris une carte dans un petit parti breton. Je répétais comme un perroquet ce que j’avais entendu sur l’UDB à savoir qu’elle était inféodée aux partis parisiens, notamment au PS. 5 ans plus tard, j’ai constaté non seulement que l’UDB travaillait bien plus que n’importe quel autre parti mais, mieux, qu’elle produisait de la pensée qui correspondait à ce que je voulais défendre. Quasiment à tout point de vue. Pour le reste, je me suis dit : « Gael, tu n’as qu’à influencer de l’intérieur ». Et je pense depuis 2007 avoir apporté ma contribution. Aujourd’hui, je suis rédacteur en chef du Peuple breton et je mets mon énergie à produire moi aussi de la pensée politique originale. L’UDB n’a pas de problème de production de contenu, elle a un problème de diffusion et c’est très différent. Faire connaître le Peuple breton, c’est donc faire essaimer nos idées et c’est bien cela qui compte. Je fais donc ma part pour sortir mon parti de l’angle mort où on l’a mis.

Quel regard portez-vous sur les élections présidentielles qui viennent d’avoir lieu ?

« Ni Dieu ni maître », disent les anarchistes. Je crois qu’il y a au fond, à l’UDB, une tendance anar qui refuse le présidentialisme dont tout le monde voit bien que sous les oripeaux de la République se cache en réalité une sorte de monarchie élective. En tant qu’autonomistes, nous nous attachons, nous, au parlement, à la fabrication des lois. Sont-elles justes ou non ? Sont-elles efficaces ou non ? En réalité, les chaînes et les journaux ont beaucoup parlé des élections. Mais pour en dire quoi ? Toujours les mêmes slogans, toujours les mêmes idées reçues. On a d’abord eu les idées d’Eric Zemmour en boucle. Tapis rouge aux idées racistes que l’on banalise tranquillement comme si elles étaient normales. Puis, on a eu les débats de virgules entre des candidats qui disent au fond à peu près la même chose, mais mettent le curseur plus ou moins loin, qui polémiquent et jouent des postures de façade. Sauf qu’à aucun moment, on explique le pourquoi du comment. On dit « la gauche » ou « la droite » sans comprendre que chaque candidat exprime un courant politique. Cette présidentielle nous ont surtout montré à quel point les représentants politiques sont dépolitisés. La Politique n’est plus une chose sérieuse, elle amuse ou agace la galerie. On a remplacé les débats d’idées par du talk-show. Et de fait, beaucoup trop d’électeurs votent comme dans un tiercé. Non plus pour des idées, mais pour des candidats qui peuvent gagner. C’est le fameux « vote utile ». J’appelle ça une démocratie malade personnellement.

Quelles sont vos priorités en termes de mesures ? Pourquoi ?

Je suis entré à l’UDB pour l’autonomie. De manière transversale, j’essaye de proposer des mesures qui favorisent l’autonomie de la société bretonne. Ma priorité, c’est donc d’abord la méthode car on peut avoir de bonnes idées et pas le pouvoir de les mettre en place. Je crois que c’est cela que veut dire le slogan que l’UDB a choisi pour cette campagne : « les clefs sont ici », nous avons les solutions, mais pas le pouvoir pour les mettre en place car le pouvoir législatif est concentré à Paris. Dans ma circonscription, c’est bien sûr le logement qui m’apparaît la première priorité. Dans mon propre entourage, je connais des jeunes, y compris avec enfants, qui vivent chez leurs parents parce qu’ils ne peuvent pas accéder à un logement. J’ai visité le HLM d’une femme il y a quelques jours où les murs étaient moisis, les fenêtres abîmées par l’humidité. Dans le même temps, Plœmeur, Larmor-Plage ou Groix comptent plus de résidences secondaires que de logements sociaux. Le logement est le sujet de discussion numéro 1 ici. Pourtant aucun candidat à la présidentielle n’en a parlé. Ce sujet n’arrivait pas assez haut dans les « priorités des Français » sans doute ! A force de gouverner avec des sondages, on finit par oublier la vraie vie. L’autonomie, c’est aussi la réindustrialisation. Je pense aux salariés de Fonderie de Bretagne dont le sort n’est toujours pas fixé. Et à Lorient, il y a des enjeux maritimes multiples : pêche, navale, commerce. Et puis, il y a Groix. Sur les îles, on comprend mieux que quiconque ce que veut dire « autonomie ». Non pas « autarcie », mais faire soi-même ce qu’on peut, sans attendre un sauveur.

Quels sont les sujets qui vous tiennent particulièrement à cœur ?

À titre personnel, je suis aussi très attaché à la protection de la biodiversité mise à mal par les pollutions plastiques et les pesticides. Tout notre système agricole et agroalimentaire est fondé sur les pesticides. Ce sont eux qui expliquent l’agrandissement des parcelles, eux qui permettent la surproduction agricole et eux qui tuent les insectes, poissons ou oiseaux des champs. J’irai même plus loin : ces intrants chimiques sont la raison principale de la détresse paysanne car ce modèle agricole n’a jamais été pensé pour eux, mais pour une industrie qui les exploite allègrement. Changer de modèle serait plus facile qu’on ne le pense, mais il faut un véritable acte politique : la suppression des pesticides. Alors démarrera la « transition » et c’est là que l’argent public sera nécessaire : pour accompagner le changement. Pour le moment, c’est la loi du plus fort, il n’y a aucune transition en réalité et l’argent public sert juste à faire fonctionner le système dont personne ne veut. Un ami m’a dit un jour : « parler une langue, c’est lire un paysage ». Je suis géographe de formation donc ça m’a parlé. La langue bretonne, ma langue paternelle, avait en elle les paysages bretons. En rasant nos talus et en comblant nos rivières, le productivisme a donné des coups de bulldozer au breton en même temps. Le monde des fous doit cesser.

> Denise Marechal

Denise est agrégée de lettres modernes, enseignante en lycée à Quimper et chargée de cours à l'université (UBO). Autrice de publications parascolaires et de vidéos de préparation aux examens. Elle est également correspondante de presse locale, militante féministe et engagée dans la défense des droits des minorités.