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Coup de projecteur sur le RDN Festival, à Rédéné

RDN Festival

La Bretagne compte de nombreux petits événements qui n’en sont pourtant pas moins dynamiques et utiles pour les communes qui les accueillent. Le 7 mai dernier, le RDN Festival fêtait sa douzième édition. Rencontre avec Jérôme Soudan, coordinateur jeunesse jusqu’à cet anniversaire et accompagnateur de l’association jeunes.

Le Peuple breton : Un festival de culture urbaine dans la petite ville de Rédéné. Fallait-il y voir un message particulier ?

Le RDN Festival a fêté ses 12 ans. Un festival de cultures urbaines mais pas que. Tout a commencé par une initiation à la danse hip hop en juillet 2010. La découverte de cette nouvelle discipline à enjoué les jeunes et c’est ainsi que des ateliers se sont mis en place à l’année. De cet engouement, la proposition a été faite aux jeunes d’aller plus loin. De là est née, une junior association (une première étape pour les jeunes afin de rentrer dans la vie associative de façon simplifiée) et le RDN hip-hop avec deux jours d’initiations au graff et au mix et un battle de breakdance régional. À Rédéné, les jeunes ont montré qu’ils étaient friands de culture urbaine, de culture hip-hop. Celle-ci n’a pas de frontières et cela a été démontré au fil des années. Le festival a rayonné sur plusieurs intercommunalité et parfois à l’échelle régionale.

Quelles ont été les évolutions au fil des éditions ?

Des évolutions, il y en a eu. Principalement lors de la sixième édition où le RDN hip-hop a changé de nom pour s’appeler RDN Festival. Nous avions remarqué qu’il y avait beaucoup d’aprioris sur le mot « hip-hop ». Encore aujourd’hui d’ailleurs. Pour nous, c’était l’occasion de s’ouvrir à la découverte d’autres cultures. Au fil des années, nous avons aussi proposé des expérimentations : imposer que les crew de danseurs hip hop viennent avec au moins une fille dans l’équipe, proposer des soirées cinémas débats avec des thématiques comme le harcèlement, faire découvrir de nouvelles disciplines comme le « lightpainting » (peinture à la lumière) avec l’artiste Mass, des ateliers intergénérationnels avec des anciens dans un ehpad et tellement d’autres.

Pour cette douzième édition, vous avez choisi de mélanger la culture hip-hop avec la culture bretonne. Pourquoi ce choix ?

Rebondir, garder de la motivation, proposer, modifier, ne rien lâcher, évoluer. Voilà ce qui attendait cette édition 2022 après ces années difficiles. Alors, toujours dans un souci d’évolution, l’idée était de développer la démocratie culturelle de ces deux cultures et de proposer une création musicale inédite. De belles choses avaient vu le jour entre 2014 et 2016 dans le cadre du festival interceltique et le red bull boom bus entre musique bretonne et électro alors pourquoi pas imaginer ça à Rédéné et ce festival de culture urbaines ?

Dans les années 1990 et 2000, la culture hip-hop est apparue dans les équipements culturels, y compris les plus prestigieux d’entre eux. Elle y est toujours. La preuve internationale : l’entrée comme discipline olympique du breakdance aux Jeux de Paris en 2024. A échelle plus locale, c’est à Rédéné que la culture hip-hop a évolué. Nous avons été cette année encore sollicité DJ One Up, passionné de musique soul, funk et hip hop, un DJ sollicité sur de nombreux évènements hip hop en France et à l’étranger. De New York à Moscou ou encore au Kenya dernièrement, sa réputation s’est construite par la qualité des sons rares et originaux qu’il distille. Il se démarque aussi par sa participation à des projets de créations inédits qui mêlent différentes disciplines artistiques. Coté bagad, bien qu’il semble faire partie du paysage breton depuis toujours, les groupes n’ont été débuté qu’au lendemain de la seconde guerre mondiale. La puissance et l’allure imposante dégagée par ces ensembles lors des défilés a fait des émules et la Bretagne s’est couverte de bagadoù. Leurs répertoires explorent les multiples facettes du patrimoine musical breton et associent de plus en plus souvent des instruments originaux qui apportent une couleur particulière. Parfois, ils se métissent en accompagnant d’autres styles musicaux très éloignés de leur univers d’origine. C’est dans cette dynamique que le Bagad Bro Kemperle avait déjà participé à une création musicale avec le groupe de punk les Ramoneurs de menhirs.

Lors des premiers échanges, les deux composantes ont été enchantées de ce projet. Cette collaboration entre le bagad de Quimperlé et le live band Slapback et DJ One Up a abouti à la création de 3 morceaux originaux, la composition de 3 morceaux réalisés par le groupe slapback et l’interprétation de 3 morceaux classique de la culture hip-hop.

Ce festival a-t-il réussi à trouver son public en milieu non urbain ?

Sur l’évènement du 7 mai, 350 personnes étaient présentes dans la salle. Depuis 2011, c’est plusieurs milliers de personnes, petits et grands, qui ont été acteurs ou spectateurs sur l’évènement. Je dirais donc que oui !

Vous partez vers d’autres horizons. Quel avenir pour le RDN festival ?

Tellio Cappoen, président ces trois dernières années, est devenu majeur. Il laisse sa place. Moi-même, accompagnateur de la junior association et co-coordinateur de l’évènement, j’ai quitté mes fonctions mi-mars pour la ville de Lorient. J’ai donc terminé ma mission d’accompagnement auprès des adolescents à la clôture de cette douzième édition le 7 mai. L’avenir est dans les mains de la jeunesse du territoire avec une appréhension sur l’impact de la situation covid de ces dernières années et de fait le manque de transmission et de partage de l’action entre pairs.

Les photos et vidéos de l’évènement sont disponibles sur les réseaux RDN Festival youtube et facebook.

> La Rédaction

Le Peuple breton est un magazine d’opinion, mensuel, entièrement bénévole fondé en 1964. Il est tiré à 4000 exemplaires papier par mois.