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Un autre rappeur espagnol sur le point d’entrer en prison pour ses paroles politiques

NikoneCons, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons

Le rappeur Pablo Hasél vient d’être condamné à 2 ans et demi de prison pour avoir critiqué la monarchie espagnole dans des chansons et des tweets…

Ce vendredi 12 février 2021, la police espagnole devrait emprisonner le rappeur espagnol Pablo Hasél pour le contenu de ses paroles. La Cour suprême espagnole a condamné Pablo Hasél, pour des crimes de glorification du terrorisme, d’insultes et de calomnies à l’encontre d’autorités telles que la Couronne espagnole et la police. La Cour a imposé une peine de neuf mois et un jour de prison en plus d’une forte amende.

Le procès contre Pablo Hasél est basé sur une série de messages à contenus artistiques et politiques publiés sur Internet entre 2014 et 2016. Ils comprennent des tweets dans lesquels il critique la Couronne espagnole, connue pour ses affaires de corruption et d’accointance avec des régimes autoritaires. Dans ses chansons, Hasél critique, entre autres, la relation avérée entre le roi d’Espagne Juan Carlos et le roi d’Arabie Saoudite, ainsi que le fait de dépenser des millions d’euros du budget public au détriment des pauvres.

Ces verdicts de la Cour suprême et d’autres tribunaux espagnols sont contraires aux normes internationales et européennes en matière de liberté d’expression, ainsi qu’à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme.

Le cas de Pablo Hasél est une nouvelle punition exemplaire pour les militants et les artistes qui ont exercé leur droit légitime à la liberté d’expression, à la liberté de réunion et à l’autodétermination. Mais il n’y a pas que les Catalans, qui avons protesté à ce sujet. Diverses organisations internationales et ONG travaillant dans le domaine des droits de l’Homme, comme les Nations Unies, Amnesty International ou le Conseil de l’Europe, ont condamné ces actions des autorités espagnoles.

Le gouvernement espagnol a systématiquement poursuivi des artistes, des rappeurs et des citoyens ordinaires pour avoir fait usage de leur liberté d’expression. L’Espagne a déjà poursuivi plusieurs artistes connus, comme les cas de César Strawberry ou de Valtònyc. Le raz-de-marée répressif de l’État espagnol contre le peuple de Catalogne sous la forme de violations des droits va au-delà de ces affaires. La persécution de la dissidence politique en Espagne n’a pas cessé. À l’heure actuelle, plus de 3.090 militants catalans sont poursuivis pour avoir exercé leur droit à la liberté de réunion et participé à des manifestations pacifiques en octobre 2019 contre les peines de prison infligées à neuf dirigeants politiques et civils catalans.

Pour ces raisons, l’application de ces dispositions dans le cas de Pablo Hasél est extrêmement inquiétante. Elle est préoccupante par son potentiel à créer un effet paralysant sur la liberté d’expression pour l’ensemble de la société, car de nombreux Catalans ont de plus en plus peur de s’engager dans la vie publique. La tendance autoritaire de l’Espagne est une question qui nous concerne tous. C’est une honte pour l’Espagne, mais aussi pour l’Europe.

Il faut mettre un terme à la répression politique à l’Espagne. Liberté pour Pablo Hasél ! #FreePabloHasel

 

> Eva Pruneda Ruiz

Eva Pruneda Ruiz est journaliste, traductrice et coordinatrice de l'Assemblea Nacional Catalana (ANC) à Bruxelles.