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Hommage aux militantes kurdes Rojbîn, Sakine et Leyla à Rennes

Samedi 9 janvier avait lieu une manifestation en hommage aux trois militantes kurdes Rojbîn, Sakine et Leyla, sauvagement assassinées en plein cœur de Paris en 2013. Alors que l’on sait pertinemment qui sont les commanditaires, à savoir le pouvoir turc, la justice patine. L’UDB était représentée dans cette manifestation. Nous reproduisons ici les propos du représentant de l’association des Amitiés kurdes de Bretagne, qui résument parfaitement le sujet.

Depuis 8 ans, nous demandons vérité et justice pour Rojbîn, Sakine et Leyla, sauvagement exécutées par les services secrets turcs, aux ordres d’Erdoğan.

La vérité, elle est désormais connue : le 9 janvier 2013, Ömer Güney a sonné à la porte du Centre d’information du Kurdistan, rue Lafayette à Paris. Güney, espion et tueur infiltré à la solde du MIT, les services secrets turcs, est entré et a tué Sakine Cansız, notre amie Rojbîn et Leyla Saylemez de plusieurs balles dans la tête. Rojbîn a été achevée d’une balle dans la bouche. Elles étaient sans moyen de défense et ont été massacrées froidement.

Güney a été rapidement arrêté et emprisonné, car les services français surveillent nos amis kurdes et tous ceux qui les approchent, à défaut de surveiller d’abord les assassins et les espions du MIT qui circulent partout en Europe.

Qui a donné l’ordre ? Quel est de rôle d’Ismail Hakki Musa, à l’époque directeur-adjoint du MIT en charge des opérations extérieures ? Deux officiers traitants du MIT, arrêtés par le PKK dans le nord de l’Irak en août 2017, ont corroboré l’implication de la plus haute hiérarchie du MIT dans ce crime.

Qu’est devenu Ismail Hakki Musa ? Il a été nommé ambassadeur de Turquie à Paris le 12 novembre 2016 et il y est toujours. C’est une provocation de plus de la part du dictateur islamiste Recep Tayyip Erdoğan, celui-là même qui a donné le véritable ordre, car rien de ce type ne peut être entrepris par la Turquie si ce n’est sur ordre d’Erdoğan, nous le savons, la justice française le sait, les officines, les chancelleries de par le monde le savent. Le gouvernement français ne peut l’ignorer, ne peut le nier.

Voilà pour la vérité. Et la justice ? Sa lenteur engendre impatience et suspicion. L’action publique s’est éteinte avec le décès d’Ömer Güney en prison le 17 décembre 2016.  Les avocats des familles des victimes ont porté plainte avec constitution de partie civile le 22 février 2017 puis à nouveau en mars 2018, au vu de nouvelles révélations qui accréditent la responsabilité du MIT dans cette affaire. L’affaire suit son cours, comme on dit, et un juge antiterroriste a été chargé le 14 mai 2019 de reprendre l’enquête pour rechercher les commanditaires. Mais depuis… rien. Ce nouveau silence nous inquiète.

Si nous sommes là aujourd’hui, comme nous l’avons été chaque année à la même époque depuis 2013, c’est que nous n’acceptons pas – et nous n’accepterons jamais – que ce crime reste sans suite, une fois de plus. Car malheureusement en France les assassinats politiques d’opposants réfugiés restent trop souvent impunis : Ben Barka, Dulcie September, Ali Mécili, Henri Curiel, les réfugiés basques assassinés par le GAL… Plus de 50 assassinats ont été commis par des services étrangers depuis 1965, la plupart sans suites judiciaires : si de rares fois des procès ont eu lieu et des exécutants condamnés, jamais les services commanditaires n’ont été poursuivis, ni les gouvernements donneurs d’ordre. Cela suffit !

Nous refusons que Sakine, Rojbîn et Leyla soient des noms de plus sur cette liste ! Nous exigeons justice ! Nous exigeons que la chaine de commandement du MIT soit poursuivie et condamnée, jusqu’à Erdoğan ! Nous exigeons des sanctions contre la Turquie, cet état voyou, et contre ses dirigeants, qui sont des criminels ! Nous exigeons que le MIT soit démantelé en France et en Europe, que ses espions soient neutralisés, tout comme la mafia des Loups gris et les réseaux islamistes de l’AKP ! Nous exigeons que le PKK soit retiré de la liste des organisations terroristes et qu’il soit reconnu comme représentant légitime du peuple kurde ! Nous exigeons que la résistance kurde soit protégée et aidée, ici et au Kurdistan !

La vérité finira par triompher et l’Histoire jugera et condamnera les coupables. Mais ce n’est pas assez, nous demandons justice maintenant !

 

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Le Peuple breton est un magazine d’opinion, mensuel, entièrement bénévole fondé en 1964. Il est tiré à 4000 exemplaires papier par mois.