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Dépêches de Catalogne : barbouzerie et répression anti-indépendantiste

  • Antimonarchisme interdit. Le Tribunal constitutionnel espagnol annule la déclaration du Parlement de Catalogne qui demande l’abolition de la monarchie. (17/7/2019)

  • Barbouzes à l’espagnole. Le média espagnol Publico.es annonce que les services secrets espagnols (CNI) ont eu connaissance des conversations téléphoniques de l’imam de Ripoll (qui était leur indic), auteur des attentats de Barcelone jusqu’à la fin et qu’ils n’en ont pas informé la police catalane (17/7/2019). Ni la presse espagnole, ni le gouvernement de Pedro Sanchez ne commentent, ni ne démentent l’information. Silence à Madrid, indignation en Catalogne. Plusieurs institutions et personnalités catalanes (dont le président catalan Quim Torra), comme des parents des victimes (13 morts sur les ramblas à Barcelone en aout 2017) demandent à nouveau une commission d’enquête (qui avait été empêchée par Ciudadanos, PP et Socialistes). Les médias catalans rapprochent l’attitude des services secrets espagnols des déclarations de la vice-présidente d’alors Saenz de Santamaría qui avait insisté pour déclarer l’état d’urgence et envoyer l’armée en Catalogne (quelques semaines avant le référendum). Vilaweb dans un éditorial parle de possible « terrorisme d’État ». L’Espagne franquiste et post-franquiste n’en est pas à son premier essai : le gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez dans les années 1980 avait envoyé les GAL assassiner des militants basques (même en France) pour mener sa guerre contre l’ETA. L’ex-ministre espagnol des Affaires étrangères García Margallo avait déclaré que « d’une crise, on s’en sort ; une attaque terroriste, c’est surmontable ; mais la dissolution de l’Espagne c’est absolument irréversible»… Pendant ce temps l’ancien ministre catalan de l’intérieur au moment des attentats, Joaquim Forn, est toujours en prison et le chef de la police catalane, Josep Lluís Trapero, jugé par les mêmes autorités espagnoles pour « appartenance à organisation criminelle et rébellion » (sic)…
  • Podemos soutient Valls contre les indépendantistes catalans. L’ex-présidente de l’autonomie de Madrid, Manuela Carmena, invitée par la maire de Barcelone Ada Colau, déclare aux médias catalans soutenir Manuel Valls face aux indépendantistes, à qui elle attribue la responsabilité de l’augmentation de l’extrême-droite de Vox en Espagne. Elle a aussi insisté sur le fait qu’il n’y a pas de prisonniers politiques en Espagne (il n’y a pas pour elle atteinte aux droits de l’homme), seulement des gens qui n’ont pas respecté la constitution.
  • Les prisonniers politiques interdits de sortie. Le Tribunal suprême a persisté cette semaine dans sa position répressive et d’atteinte aux droits fondamentaux. Roger Rull s’est vu empêché de rendre visite à son fils hospitalisé. Joaquim Forn a été interdit d’assister à la réunion du conseil municipal de Barcelone. Il est toujours refusé à Oriol Junqueras de prendre possession de son siège de député européen malgré son immunité parlementaire. Tous les prisonniers sont actuellement en prison « préventive » depuis bientôt deux ans, dans l’attente de la sentence (annoncée pour septembre-octobre). Tous jouissent légalement de leurs droits politiques et civiques, mais malgré les appels réitérés de l’ONU et de nombreuses personnalités et instances, la justice les maintient en détention de manière arbitraire et injustifiée.
  • Le Gouvernement espagnol espionne députés et politiques de la Generalitat. La presse s’est fait l’écho d’espionnage par le ministère des Affaires étrangères espagnol (José Borrell, candidat à commissaire européen pour les Affaires extérieures…) des services extérieurs du gouvernement catalan, ainsi que de députés britanniques, belges et allemands. Outre la surveillance des indépendantistes, ces opérations sont destinées à fournir des arguments à la demande du gouvernement espagnol de fermeture des délégations catalanes à Berlin, Londres et Genève pour « activisme contre l’image de l’Espagne et favorable à indépendantisme ». Borrell bénéficie de l’entier soutien de Sanchez qui se refuse toujours à tout dialogue avec les Catalans et vient de déclarer devoir être prêt à suspendre à nouveau l’autonomie de la Catalogne dans la mesure où les Catalans n’ont toujours pas abandonné leur objectif d’indépendance.

 

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> Alà Baylac Ferrer

Alà Baylac Ferrer
Alà Baylac Ferrer est le directeur de l’IFCT, Université de Perpinyà.