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Peste porcine. Faut-il régionaliser la lutte contre les maladies animales ?

peste porcine

La peste porcine africaine a touché un certain nombre d’États européens dont la Belgique. Bien que non-transmissible à l’être humain, cette maladie, une fois déclarée, interdit toute exportation de viande de porc. Autant dire que la Bretagne est concernée.

Malgré la présence de l’armée pour aider les chasseurs dans les battues, la peste porcine pourrait arriver jusqu’en France même si jusqu’ici elle ait été épargnée (voir ici). Le 29 janvier dernier, le député guingampais Yannick Kerlogot (LREM) avait justement abordé la question à l’Assemblée Nationale. « Pour les 14 000 éleveurs porcins français, déjà fragilisés en 2015 et en 2016 par l’embargo russe, la déclaration de la maladie signifierait une interdiction totale d’exportation. En 2017, c’est 56 % du cheptel porcin français qui était élevé dans ma région. Les éleveurs bretons sont donc particulièrement exposés à ce qui pourrait être une catastrophe économique et sociale. » déclarait le député à cette occasion.

Didier Guillaume, le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, avait alors confirmé que « nous faisons peut-être face à la plus grosse crise sanitaire que la France ait connue depuis l’encéphalite spongiforme bovine, il y a une vingtaine d’années ». Un travail transfrontalier a été mené avec la Belgique qui a construit deux barrières pour empêcher que des sangliers ne traversent la frontière. Par ailleurs, les autorités avaient décidé la création d’un vide sanitaire de 300 à 400 hectares. « La France construit une barrière à 6 kilomètres au sud de la frontière et, à l’intérieur du périmètre ainsi défini, la totalité des sangliers sera éradiquée », expliquait le ministre.

En revanche, le Ministre n’avait à l’époque pas répondu à la proposition de Yannick Kerlogot réclamant une « régionalisation de lutte contre les maladies animales qui limite l’interdiction d’exporter aux seules zones touchées ». On peut bien sûr fort justement critiquer l’économie exportatrice, mais peut-être la question mérite-t-elle d’être posée à nouveau ? Un sanglier mort dans le Nord de la France et c’est l’ensemble de la filière porcine dans le pays qui subit le préjudice. Une certaine idée de la France une et indivisible !

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