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Gastronomie. Pas de repas de fête sans la Bretagne

À l’occasion des fêtes de fin d’année, des reportages à la télévision et dans les magazines présentent les produits qui constituent souvent le menu des réveillons et les lieux de leur production. La Bretagne est toujours bien représentée.

C’est le foie gras qui est le plus apprécié puisqu’il est sur les trois quart des tables. La Bretagne est devenue la deuxième région de production de ce produit en France. Quant au homard, tous les chefs cuisiniers vous diront que le meilleur du monde vient de Bretagne. Les amateurs d’huîtres ont pensé tout de suite à la Bretagne pour s’approvisionner notamment en plates de Riec sur Belon ou de Cancale. Il y a un autre trésor en Bretagne : le gisement de coquilles St Jacques dans la Baie de St Brieuc. Ce gisement, bien géré maintenant, est le principal fournisseur de ce met savoureux en France. Pour les amateurs de poissons exceptionnels, le turbot est un très bon choix à condition qu’il soit pêché en Bretagne et pas à l’autre bout de la planète !

Le saumon est aussi très présent sur les tables des festivités mais, il faut le reconnaître, la Bretagne n’en élève, ni n’en pêche beaucoup. Elle a pourtant été productrice il y a quelques décennies comme en témoigne la clause que les valets de ferme de Cornouaille incluaient dans leur contrat de travail. Cette clause stipulait que le saumon ne serait pas servi à table plus de trois fois par semaine ! À la même époque, les langoustes étaient tellement abondantes qu’une partie finissait sur le tas de fumier de la ferme. C’est bien connu : il ne faut pas abuser des bonnes choses car ça finit par dégoûter.

La Bretagne profite donc de sa situation maritime pour proposer des produits savoureux. Elle sait aussi produire des chapons, agneaux et autres viandes. Cependant, elle n’apparaît pas dans la liste des fournisseurs de caviar, de truffe et de fromages. Des pistes de réflexion pour des producteurs en quête d’idées nouvelles. La Bretagne est aussi grande productrice de lait, mais ne le transforme pas beaucoup sous forme de fromages.

Enfin, le muscadet, vin breton du pays de Nantes, accompagne très bien les crustacés et poissons, mais la Bretagne subit la concurrence d’autres terroirs vinicoles. Ce handicap pourrait bien se réduire à l’avenir si le réchauffement climatique se poursuit.

Pour le dessert, le chocolat et les fruits exotiques ne viennent pas de Bretagne. Il vaut mieux renoncer à les produire ici et se consoler en disant qu’il y a déjà en Bretagne de quoi se régaler et faire la fête ! C’est une agréable façon d’être autonome.

> Alan Le Gal

Alan Le Gal
Alan habite Pont-Scorff. Expert-comptable en retraite, il est très engagé dans le monde associatif, notamment dans la culture et la langue bretonne, et politique (UDB). Il est également investi dans la lutte pour la réunification administrative de la Bretagne.