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Quelle actualité pour les algues vertes en Bretagne ?

Qu’en est-il des algues vertes en ce début d’été 2018 ? Le Peuple breton fait un tour d’horizon de ce sujet récurrent.

Avant de parler des algues vertes, quelques mots sur le phénomène qui a touché les côtes finistériennes ces jours derniers. L’eau de mer était en effet devenue orange près des plages. On a pensé tout de suite à une pollution. En réalité, les chercheurs du laboratoire d’Ifremer de Concarneau dépêchés sur place ont fait des prélèvements : le phénomène dû à des températures particulièrement élevées avait pour responsable une espèce de microalgues « Noctiluca scintillans ». Ces algues ne sont pas toxiques contrairement au dinophysis, responsable régulièrement de l’interdiction de la pêche et de la consommation de coquillages, en particulier les huîtres et les moules.

Côté algues vertes maintenant, la Préfecture et les Services de l’État en Région ont analysé il y a quelques temps déjà des informations venant du CEVA (Centre d’Étude et de Valorisation des Algues, à Pleubian), informations que vient de reprendre le Télégramme. Le CEVA signale qu’un survol des côtes a permis de mettre en évidence la quasi-absence d’ulves (algues vertes) sur ce premier inventaire 2018, à quelques exceptions locales (baie de la Forêt en Sud Finistère et quelques zones de vasières, du Morbihan principalement). Le site préfectoral nous dit que « la plupart des baies, sont encore exemptes d’ulves. La surface régionale couverte par les ulves (seuls les sites sableux ont été pris en compte) est quasiment nulle, très en dessous de la moyenne pluri-annuelle et parmi les moins importantes de la série de mesures débutée en 2002. L’année 2018 est donc une année de dissémination particulièrement tardive. »

Et le site ajoute que « les causes en sont, avant tout, les données climatiques de ce début d’année, la plupart favorables à un retard saisonnier, en particulier le caractère dispersif de l’hiver (tempêtes) et les températures de l’eau basses en hiver et le restant au printemps. On peut ajouter que l’hiver a été très peu lumineux avec en particulier les mois de décembre, janvier, mars et la première partie d’avril qui présentaient des déficits d’ensoleillement de 15 à 40 %. »

Doit-on se réjouir de cette faible prolifération d’algues ? Bien évidemment, mais on peut espérer que ce phénomène 2018 n’entraînera pas de fausses conclusions du style « il y a moins d’algues parce qu’il y a moins de nitrates ». Reparlons-en au moment des grandes marées d’automne !

A signaler aussi la création par la Région Bretagne du site algues vertes info, site plutôt bien fait au dire d’un des responsables du CEVA.

Enfin et toujours dans l’actualité des algues vertes, on notera le lancement d’un nouveau plan pour la baie de la Forêt (citée plus haut comme un des endroits où il y avait des ulves au printemps) concernant particulièrement les communes et les communautés de communes du côté de Concarneau et Fouesnant. Le 2ème plan de lutte contre les algues vertes (PLAV2) a été présenté le 10 juillet à Concarneau. Les résultats du premier plan de lutte (2012-2015) contre les algues vertes pour la baie de la Forêt semblent encourageants, avec une baisse régulière des taux de nitrates pour 3 cours suivis sur 4. Mais il faut relativiser cette baisse de l’ordre qui est en moyenne de 1mg/litre /an. Pas de quoi voir une notable baisse des algues vertes avant longtemps ! D’où un deuxième plan 2017-2021, officiellement présenté à l’hôtel d’agglomération de Concarneau Cornouaille Agglomération et dont la signature interviendra courant septembre. Parmi d’autres mesures, et devant l’insatisfaction des maires en particulier de Concarneau et Fouesnant se plaignant du faible investissement de l’État dans le contrôle des exploitations agricoles, une mesure importante sera prise dans le nouveau plan : « Les contrôles ciblés, nous dit le Télégramme, assurés par l’État, figurent en tête des cinq axes de ce plan de lutte. Du ressort de la DDTM (direction départementale des territoires et de la mer), ces contrôles se concentreront sur deux bassins-versants. Ils concerneront 90 exploitations sur les 166 que compte le périmètre, désormais élargi, du PLAV2. » Il n’y a plus qu’à espérer que le nouveau plan portera ses fruits.

Qu’en est-il pour terminer des Côtes d’Armor ? Si le survol aérien printanier par le CEVA ne mentionnait pas d’algues vertes sur la côte nord, si le vice-président de région se réjouit d’une baisse notable des nitrates dans les cours d’eau se déversant sur cette cote nord, les dernières images de plages montrées par France 3 Bretagne ne sont pas vraiment encourageantes.

> Christian Pierre

Christian Pierre
Né en 1949, Christian PIERRE est membre de l'UDB depuis 1977 et du bureau de sa fédération depuis 1979. Très engagé pour la Bretagne, il est très investi aussi dans les Droits de l'Homme, comme à l'ACAT (ONG chrétienne de lutte pour l'abolition de la torture et contre la peine de mort) dont il est coordonnateur régional. Il milite enfin pour les droits du peuple palestinien.