Accueil / À la Une / Le cœur d’Anne de Bretagne volé au musée Dobrée à Nantes

Le cœur d’Anne de Bretagne volé au musée Dobrée à Nantes


Sauvé de la fonte après la Révolution, l’écrin où était conservé le cœur de la « Duchesse Anne » a été volé dans la nuit du 13 au 14 avril. Un vol qui touche au patrimoine commun des Bretons et bien au-delà.

Anne de Bretagne est une figure du panthéon breton bien sûr, mais elle fut également deux fois reine de France entre 1491 et 1514. A sa mort, son cœur a été, selon sa volonté, placé dans un reliquaire en or et placé le 19 mars 1514 en la chapelle des Carmes, dans un coffre à la tête du tombeau de son père, François II de Bretagne [aujourd’hui visible dans la cathédrale Saint-Pierre de Nantes]. Depuis 1886, le reliquaire était conservé dans le musée Dobrée, à Nantes… jusqu’à cette nuit où il a été volé !

Longtemps visible au château des Ducs de Bretagne, cette pièce unique était bien connue des Nantais et plus largement des Bretons. Sa disparition ne manque pas d’inquiéter. « Les cambrioleurs s’en sont pris à notre patrimoine commun, une pièce d’une valeur inestimable qui appartient à notre Histoire », a estimé le président du Conseil Départemental Philippe Grosvalet. La maire de Nantes s’est dite « indignée » et souhaite que l’objet soit retrouvé dans les plus brefs délais.

Le problème, c’est que le vol d’un tel joyau ne passe pas inaperçu. Autant dire qu’il est invendable ! Quel objectif dès lors ? Faire fondre le reliquaire ce qui serait une perte irrémédiable pour l’Histoire de Bretagne ? Ou le vol pour un collectionneur privé ? Reste que le département, propriétaire des lieux, devra rendre des comptes sur ce vol. Ce cœur est le symbole d’une histoire bretonne ignorée, méprisée, délaissée. Espérons que cette disparition n’en restera pas à des communiqués d’indignation et qu’une enquête sérieuse sera faite suite à la plainte déposée.

> La Rédaction

La Rédaction
Le Peuple breton est un magazine d’opinion, mensuel, entièrement bénévole fondé en 1964. Il est tiré à 4000 exemplaires papier par mois.