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À Genève, Puigdemont dénonce la répression politique en Catalogne

Le président Carles Puigdemont, 130ème président de la Generalitat démis de manière autoritaire et sans en avoir la compétence en octobre 2017 par le gouvernement espagnol, s’est déplacé ce week-end à Genève où il a été invité à s’exprimer dans le Cadre du FIFDH, festival international du film et forum sur les droits de l’homme organisé en Suisse depuis 2003, et qui coïncide avec le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Le président catalan exilé à Waterloo a dénoncé la répression politique et judiciaire espagnole qui continue d’affecter la société et les institutions catalanes.

Carles Puigdemont a également participé à un débat sur l’indépendance de la Catalogne et a répondu aux questions des journalistes lors d’une conférence de presse ultérieure. Auparavant, le film « Catalogne : l’Espagne au bord de la crise de nerfs », produit en France par CAPA Presse et Arte, avait été projeté. Le séjour genevois a également été l’occasion d’établir des contacts politiques avec plusieurs personnalités suisses et catalanes, comme l’ancienne députée de la CUP, Anna Gabriel, poursuivie par la justice et exilée en Suisse. C’est que les négociations entre les forces politiques indépendantistes se poursuivent afin d’arriver à un accord pour l’élection du nouveau président du gouvernement autonome catalan, alors que les autorités madrilènes continuent à mettre des bâtons dans les roues.

Pression diplomatique

Le passage du président Puigdemont à Genève a déclenché la colère de la diplomatie espagnole qui a demandé à la Suisse d’arrêter les exilés catalans à leur arrivée. Les autorités helvétiques, cependant, ont répondu par la voix du porte-parole de l’Office fédéral de la justice qu’il n’y avait pas de base légale pour les arrêter ou les extrader.

Mercredi, au Graduate Institute de Genève, une école de relations internationales, Carles Puigdemont a prononcé un discours pour clore son voyage suisse sur le thème « L’indépendance a-t-elle encore du sens dans l’Europe du XXIe siècle? », intervention animée par un journaliste de la BBC.

Échec de la manifestation unioniste

Le dimanche 18 mars, les espagnolistes voulaient organiser des manifestations anti-indépendantistes, convoquées par l’Association anti-catalane Societat civil catalana. La mobilisation a dû être annulée à Madrid faute de participants. À Barcelone, malgré la présence de personnalités de premier plan telles qu’Albert Rivera (président de Ciudadanos), la ministre de la Santé Dolors Montserrat ou l’ancien Premier ministre français Manuel Valls, seules quelques 5 500 personnes ont manifesté.

L’ancien chef de gouvernement socialiste, de manière surprenante et sans vergogne, apporte son soutien aux partis anti-catalans et à la droite dure, PP et Ciudadanos. Interviewé à Catalunya Ràdio, il a déclaré que « l’indépendance de la Catalogne n’a aucun sens » et que cela « conduirait à la guerre ».

L’Espagne condamnée par la Cour des Droits de l’Homme

Pendant ce temps, les tribunaux espagnols continuent les poursuites judiciaires systématiques contre des dizaines de politiques et même d’artistes qui expriment des opinions hostiles à la monarchie (rappeurs condamnés à de la prison pour « insultes pour le roi »). Après 11 ans de procédure, cependant, la Cour européenne des droits de l’homme a rendu un jugement contre l’Espagne pour avoir condamné un manifestant qui avait brûlé une photo du roi: la décision de la justice espagnole contrevient à la liberté d’expression. Cette semaine également, la police espagnole a investi à nouveau le siège de l’association catalane Òmnium Cultural, de matériel informatique a été saisi et des archives fouillées, tandis que le gouvernement espagnol a arrêté un haut fonctionnaire catalan, le directeur de la Diffusion de la Generalitat, qui a été interrogé par la police avant d’être licencié.

> Alà Baylac Ferrer

Alà Baylac Ferrer
Alà Baylac Ferrer est le directeur de l’IFCT, Université de Perpinyà.