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KERink : la proximité au cœur d’une entreprise rennaise

Le gérant et les quatre salariés de l’entreprise KERink rechargent des cartouches d’imprimantes à Rennes et dans les environs. Depuis sa création en 2005, KERink fait bénéficier ses clients de ses conseils et d’économies financières, tout en réduisant la quantité de déchet polluant dans nos poubelles. Entretien avec le gérant, Yvan du Lavouër.

Le Peuple breton : Où Kerink est-elle implantée ?

Yves du Lavouër : Nous avons trois sites à Rennes : deux points de vente rue d’Antrain et rue Tronjolly, pour les particuliers et les professionnels de proximité. Nos clients du centre-ville, en plus des particuliers, sont des artisans, des commerçants, mais aussi des associations et des écoles. Nous avons aussi un troisième site à Rennes, qui sert plutôt à répondre à des commandes de professionnels : PME, PMI, ETI, mairies, collèges… mais toujours dans la proximité. On travaille dans le pays de Rennes, je ne vais pas recharger des cartouches dans le Morbihan, sauf exception.

Quelles sont les motivations de vos clients ?

Nos clients souhaitent bien sûr réduire leurs coûts. Faire recharger une cartouche coûte moins cher que d’en racheter une. Pour les grosses structures, qui impriment beaucoup, ces économies peuvent être très importantes. Nos clients apprécient aussi de valoriser l’emploi local, les circuits courts, et de bénéficier de nos conseils. La qualité de l’accueil dans nos points de vente est reconnue.

Pour vous, quel est l’enjeu de la réutilisation des cartouches ?

Il y a trois enjeux, et comme pour un tabouret, il faut tenir un équilibre entre les trois piliers : l’économie, l’écologie, et la qualité que permettent le conseil, la proximité… Les entreprises comme les particuliers ont intérêt à limiter leurs coûts. Ces produits peuvent avoir un fort pouvoir polluant, la réutilisation permet de limiter la consommation et les rejets. Et puis, avec environ 60 % de clients professionnels et 40 % de clients particuliers, 13 ans d’existence, et 30 000 cartouches rechargées par an, nous avons acquis une bonne expérience et disposons d’un service après-vente efficace. À la différence d’un distributeur qui achète et vend des cartouches, nous avons l’habitude de les démonter et de les remonter. Nous connaissons donc bien les produits et pouvons répondre très rapidement aux questions des clients.

Pouvez-vous quantifier les économies de matériaux réalisées grâce à la réutilisation ?

Nous traitons des cartouches jet d’encre et laser. Les cartouches jet d’encre ont une capacité de 200 à 500 pages et contiennent principalement de l’eau, des pigments et des solvants. Les cartouches laser ont beaucoup plus de capacité et contiennent entre 300 g et 1 kilo de matières plastiques et métalliques. On recharge en majorité des cartouches jet d’encre (25 000 / an) et en minorité des cartouches laser (5000 / an), mais compte tenu du poids et des matières des cartouches lasers, de leur pouvoir polluant, ce n’est pas neutre ! En France, on en est à peu près à 75 millions de cartouches consommées chaque année, dont seulement 25 % sont réutilisées. C’est très peu. Les autres sont, dans le meilleur des cas, déposées dans des points de récupération, ou au pire jetées à la poubelle.

Ces cartouches sont-elles rechargeables à l’infini ?

Non. On peut les recharger de deux à 10 fois. Plutôt moins pour les cartouches lasers, parfois seulement deux fois, mais on peut arriver à pousser des cartouches lasers de 2000 pages de capacité jusqu’à 10 recharges, grâce au suivi des produits, en les démontant, en changeant les pièces usées. Quand on ne peut plus les réutiliser, elles deviennent des déchets ultimes. On les place dans des circuits autorisés, et en général, après avoir qu’elles aient été démolies, leurs matériaux servent de combustible.

Avez-vous des projets de développement hors de Rennes ?

On pourrait envisager un système de franchise, mais pour l’instant, on en est plutôt à consolider notre activité sur le bassin rennais. Et à la diversifier : nous développons une activité de conseil, de solutions d’impression. On aide même à la sauvegarde de données par le cloud en région. Les données sont traitées par un fournisseur sur le territoire, on sait que ça ne part pas à Los Angeles ou ailleurs… Cela permet de conserver une maîtrise. Nous offrons aussi des solutions pour limiter l’impression. »

Pourquoi avoir mis du breton dans le nom de l’entreprise ?

Parce que breton, je le suis ! Natif de Saint-Malo, j’ai vécu une dizaine d’années à l’étranger, puis cinq ans à Paris mais ça ne m’a pas plu. Le projet familial, c’était de s’installer en Bretagne, et j’avais des attaches à Rennes. « Ker », le village en breton, c’est pour marquer l’enracinement breton, et « Ink » en anglais, c’est pour le métier. Et puis, « KERink », c’est court, c’est clair, ça claque ! En plus de l’attachement, je voulais évoquer la proximité. C’est une démarche importante pour moi. J’essaye de trouver l’ensemble de mes fournisseurs au niveau local, mais ce n’est pas encore possible. Mon but serait de vivre en réseau sur le territoire. Si toutes les entreprises fonctionnaient comme ça, nous aurions des régions plus dynamiques !

Pour plus d’informations sur KERink : www.kerink.fr

> Nil CAOUISSIN

Nil CAOUISSIN
Nil Caouissin est porte-parole de l'Union démocratique bretonne.