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« Minority safepack » : pour le respect de la diversité en Europe

Minority Safepack Initiative est une pétition officielle lancée à l’échelle européenne. Les signataires demandent un meilleur avenir pour les minorités nationales et les minorités linguistiques d’Europe. Une initiative plus que bienvenue donc. Pourtant, à moins d’un mois (4/04/2018) de la clôture de la pétition européenne, l’échec est assuré. À moins d’un sursaut salvateur des citoyens ?

Cette pétition est un outil au service de la reconnaissance de la langue et de la culture bretonne. En tant que Breton, ignorer cette initiative, c’est passer à côté d’un outil positif pour la cause bretonne.

L’Initiative Communautaire Européenne (ICE) est un outil de démocratie directe, qui a été introduit en 2012 par l’Union européenne. La Commission européenne doit prendre en compte toute initiative proposée par un groupe de citoyen qui a reçu le soutien de plus d’un million de citoyens d’au moins sept pays membres de l’UE. Pour pouvoir signer la pétition (en ligne par exemple), il faut être âgé de 18 ans et avoir devant soi son passeport ou sa carte d’identité. Ceci permet d’assurer la citoyenneté européenne des signataires et leur nationalité afin de respecter les critères de nombre de signataires par État. Une précaution qui permet évidemment d’éviter de signer plusieurs fois. Conformément à l’article 10 de la réglementation 95/46 CE du Parlement Européen et des Conseils, les données personnelles de ces formulaires ne sont communiquées qu’aux autorités compétentes pour la vérification et la certification du nombre des signatures valables.

Au 5 mars 2018, la France comptait moins de 3000 signataires contre 33 000 en Espagne, 117 000 en Hongrie, 246 000 en Roumanie…

L’Initiative Minority Safepack est un ensemble de propositions législatives pour la protection des minorités nationales, respectivement une série d’actes réglementaires favorisant les droits des minorités, les droits de leurs langues et la protection de leurs cultures. En bref, elle vise la défense des minorités et notamment un statut juridique pour les minorités linguistiques. Si la pétition est signée par 1 million de personnes dans l’Union européenne, les instances européennes devront légiférer sur le sujet. Concrètement, les Bretons réclament à Paris depuis des décennies des droits spécifiques en tant que minorité nationale. Aujourd’hui la chance nous est proposée de contourner l’État Français.

Si près de 600 000 personnes ont déjà signé cette pétition en format papier ou en ligne, moins de 3000 personnes l’ont signé dans l’hexagone ! L’objectif fixé pour la France est de 55 000 signatures. Un nombre précis de signataire doit être atteint par État-membre. Si dans 7 État ce nombre est atteint, et que la pétition a recueilli au global 1 million de signatures, alors l’objectif sera atteint. C’est déjà chose faite en Hongrie et en Roumanie ou des centaines de milliers de personnes ont déjà signé la pétition. La Lituanie est en passe d’atteindre l’objectif (83,5 %) ainsi que la Slovaquie avec 73,5 %. Suit ensuite l’Espagne qui est bien partie également avec 66,5 % de l’objectif atteint ou encore le Danemark avec 61,3 %. Il risque donc de manquer 1 État pour atteindre l’objectif, ce qui serait vraiment très regrettable.

Mais où sont les Bretons ? Les grandes fédérations les représentant ? Où sont les élus ?

Il est grand temps de nous bouger en Bretagne. Les Bretons peuvent peser si chacun mobilise autour de soi : ses amis, les membres de sa familles, ses collègues. L’initiative prêchait dans le vide avant que le collectif Ai’ta ! ne prenne en main une communication offensive sur internet et les réseaux sociaux afin d’alerter sur le risque d’échec de l’initiative. Ceci révèle par contre une chose primordiale pour les Bretons : l’incapacité des grandes fédérations associatives qui représentent des dizaines de milliers d’adhérents de communiquer efficacement. Où sont les BAS, War’l Leur, Kendalc’h et Kevre Breizh qui revendiquent des milliers d’adhérents ? C’est de leur rôle de contre-pouvoir de communiquer sur ce type d’initiative, lancée il y a déjà plusieurs mois à l’échelle de l’Europe. De même, nos élus doivent signer, le faire savoir et communiquer à ce sujet.

L’horloge tourne : il ne reste que 29 jours. La pétition européenne concerne tous les Bretons et ignorer la portée que pourrait avoir la réussite de l’initiative serait suicidaire pour le mouvement breton. Il est plus que temps que l’Emsav se mobilise massivement, et que chacun dans ses responsabilités associatives soit le relais de Minority Safepack. C’est la condition sine qua non de notre crédibilité. Si les 55 000 signatures n’étaient pas atteintes en France, comment peser face aux gouvernements jacobins qui applaudiront notre incapacité à nous défendre, nous même ?

Prenez donc quelques secondes de votre temps pour une avancée pour la langue bretonne ! Signez et diffusez cette pétition via facebook, twitter ou par courriel. Parlez-en autour de vous ! Bec’h dezhi !

Lien vers la pétition

Pour en savoir plus

> Tristan An Nedeleg

Tristan An Nedeleg
Douaroniour / Kêraozour - Géographe / Urbaniste