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Libérez Salah Hamouri !


Salah Hamouri est né de mère française (originaire de l’Ain et avec un grand-père né à Questembert) et de père palestinien. Il doit donc être considéré comme franco-palestinien. Il a passé déjà 7 ans, de ses 19 à ses 26 ans, dans les prisons israéliennes (sans réel chef d’inculpation), d’où il a enfin été libéré en 2012 sous la pression internationale. Depuis le 23 août, il est de nouveau incarcéré.

En 2012, Salah Hamouri était venu à Quimper en compagnie de Jean-Claude Lefort, député honoraire, président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) et avait été reçu par Yves Jardin, le responsable de ce groupe local (à droite sur la photo). Le quotidien Le Télégramme écrivait alors à l’époque : « Salah a participé à une centaine de réunions auprès de ses soutiens français pour les remercier. « Quand j’étais en prison, j’ai reçu des milliers de lettres, la visite de députés. Mon comité de soutien a été utile à tous les prisonniers palestiniens. Ils sont 4700 actuellement [ndlr 6200 en 2017], dont 123 ont passé plus de 25 ans en prison. Les soutiens n’ont pas changé notre condition, mais ils ont été très importants pour le moral » » Et le quotidien ajoutait que « le jeune étudiant en sociologie a été arrêté en 2005 à Bethléem, « accusé » d’appartenance à une organisation de jeunesse interdite [le FPLP] et d’avoir eu l’intention de participer à un complot pour assassiner un rabbin d’extrême-droite. » Rien n’a été prouvé bien sûr mais cela le l’a pas empêché de faire 7 ans de prison. Il faut rappeler aussi que Sarkozy avait annoncé après son élection qu’il soutiendrait tous les Français prisonniers à l’étranger… mais avait oublié Salah ! Il était néanmoins intervenu lorsqu’un soldat israélien avait été échangé contre de nombreux palestiniens pour que Salah fasse partie de ceux-ci (Précision : il avait déjà accompli plus que sa peine).

Libéré en 2012, Salah avait donc donné comme dit plus haut de nombreuses conférences en particulier en France où il pouvait circuler librement contrairement à Israël. Et puis, le 23 août dernier, Salah a été de nouveau arrêté. Mais laissons la parole à Yves Jardin qui connaît très bien le dossier : « Arrêté le 23 août dernier à son domicile à Jérusalem-Est par l’armée israélienne, Salah Hamouri, citoyen franco-palestinien, a été placé en détention au Centre d’Interrogatoires de la Moskobiyeh à Jérusalem, sans que le motif de son arrestation ne soit connu. Il a comparu dimanche 27 août devant le Tribunal d’Instance de Jérusalem qui a prolongé sa détention de 48 h pour complément d’enquête. [Le] 29 août, le Tribunal d’Instance de Jérusalem a décidé sa remise en liberté sous conditions (versement d’une caution, assignation à résidence, limitation des déplacements). Mais peu de temps après, un ordre de détention administrative pour six mois à été émis contre Salah Hamouri, à la suite d’une demande du gouvernement israélien et sans doute du ministre de la défense. Cela en dit long sur l’absence de séparation des pouvoirs et sur l’indépendance de la justice en Israël, qui se présente comme la seul démocratie du Moyen-Orient. »

Parlons de cette détention administrative de 6 mois. Elle peut se comparer à ce qui se passe au Mexique : en 2008, la Constitution mexicaine a introduit l’arraigo, une forme de détention provisoire avant inculpation pour les personnes suspectées de délinquance organisée. Sa durée maximale est de 40 jours, renouvelable une fois. L’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) n’hésite pas à appeler l’arraigo « le permis de torturer ». Il n’en est pas de même en Israël, mais si au Mexique la procédure n’est renouvelable que pour une fois 40 jours, en Israël la rétention administrative est renouvelable de 6 mois en 6 mois sans limite maximum, et sans inculpation officielle pendant ce temps, ce qui est bien sûr contraire au droit international. L’État israélien s’appuie sur des preuves « secrètes » que ni le détenu, ni son avocat ne peuvent connaître.

Après sa libération, Salah s’est marié avec une française, Elsa Lefort, et ils ont eu un enfant. Cependant, elle a été expulsée d’Israël pendant sa grossesse et est depuis interdite d’accès en Israël et en territoire palestinien occupé. Toujours après sa libération, Salah avait entamé des études de droit, pour devenir avocat, travaillant auprès de l’ADDAMEER (Conscience), organisation de soutien aux prisonniers et défenseur des droits de l’homme, comme conseiller juridique et enquêteur de terrain. Il a alors passé le concours du barreau palestinien et a été admis le 20 août. Le 23 août, il était arrêté. Difficile de croire à une coïncidence.

Pour information, l’AFPS du Pays de Cornouaille a écrit à trois députés et trois sénateurs du Finistère-Sud pour leur demander d’intervenir auprès du Ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et du Président de la République, Emmanuel Macron. Pour l’instant, deux sénateurs, Maryvonne Blondin (PS) et Michel Canévet (UC), sont intervenus. Elle auprès du Président et du Ministre, lui auprès du Ministre.

> Christian Pierre

Christian Pierre
Né en 1949, Christian PIERRE est membre de l'UDB depuis 1977 et du bureau de sa fédération depuis 1979. Très engagé pour la Bretagne, il est très investi aussi dans les Droits de l'Homme, comme à l'ACAT (ONG chrétienne de lutte pour l'abolition de la torture et contre la peine de mort) dont il est coordonnateur régional. Il milite enfin pour les droits du peuple palestinien.
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