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La Paix en Israël : une affaire de femmes ?

Women in peace

Après avoir rencontré les « Women in Black against occupation » à Haifa, la semaine passée, Le Peuple breton s’est rendu à l’intersection des rues Dizengoff et King Georges pour y trouver, comme prévu, un petit groupe de femmes vêtues cette fois-ci de blanc : les « Women Wage Peace ».

Créé beaucoup plus récemment que les Women in Black, les Women Wage Peace est un mouvement citoyen qui s’est formé à la suite du meurtre de quatre adolescents (trois israéliens et un palestinien) à l’été 2014 et en réaction à l’immobilisme des politiques, par un groupe de femmes déterminées à œuvrer pour faire redémarrer le processus de paix.

Par des actions de sensibilisation du grand public et particulièrement auprès des jeunes, les WWP veulent « mettre de la paix dans le programme du pouvoir en place ». L’une d’entre elle, la plus âgée, nous a confié sa tristesse de n’avoir « vécue que la guerre dans son pays ». C’est aussi pour cette raison, qu’elle espère fort qu’il puisse en être autrement pour la jeunesse actuelle.C’est là tout son engagement.

En évoquant notre rencontre, la semaine passée, avec les Women in black à Haifa, ces femmes nous questionnent sur le journal et nos origines. Sont évoqués alors l’Espagne avec la Catalogne et le Pays Basque, dont les luttes similaires sont plus médiatisées que les nôtres. Cet échange passé, elles rappellent que leur mouvement ne fait pas de politique, qu’il œuvre simplement pour la paix.

Plus réservées que leurs consœurs d’Haïfa – certainement plus méfiantes aussi tant il est vrai que ce carrefour est relativement bondé à cette heure de la journée et entouré de vigiles aux différentes entrées du centre commerciale – elles n’accepteront pas de photos et nous inviteront toutefois à aller sur leur site www.womenwagepeace.org. On y trouve une pétition exigeant un accord de paix du gouvernement et des politiques en place afin de trouver une solution viable et durable pour qu’israéliens et palestiniens puissent vivre ensemble. Ce mouvement récent compte déjà quelques milliers de femmes, juives, arabes, religieuses et laïques, qui coopèrent avec des femmes palestiniennes pour accroître leurs chances de trouver une solution viable au conflit. Notons aussi que pour un mouvement qui se réclame apartisan, les WWP comptent déjà un certain nombre d’actions d’envergure à leur actif : un rassemblement d’un peu plus d’une centaine de femmes à l’entrée de la Knesset le 14 mai 2015 à l’occasion de la cérémonie d’investiture du 34ème gouvernement pour exiger des nouveaux dirigeants la signature d’un accord de paix, ou bien encore l’organisation d’un jeûne collectif de 50 jours en août 2015 auquel participeront des artistes (acteurs, scénaristes, metteurs en scène, écrivains, chanteurs). Leur prochaine action aura lieu en octobre prochain. Ce sera une « Grande Marche de l’Espoir » en direction de Jérusalem.

Nous ne pouvons que leur souhaiter d’être entendues et continuer à sensibiliser et mobiliser un nombre grandissant d’Israéliens, en particulier la jeunesse. Face à l’impasse dans lequel se trouve le processus de paix à l’heure actuelle, ces mouvements de femmes laisseraient-ils entrevoir une lueur d’espoir ?

> Valerie Coussinet

Valérie vit à Rennes. Elle a été plusieurs fois candidate aux élections sous les couleurs de l'Union démocratique bretonne.

Un commentaire / Un evezhiadenn

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