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Lʼavenir institutionnel de la Bretagne se joue (hélas) à Paris !

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Jean-Yves Le Drian et Marc Le Fur sont les deux poids lourds de cette campagne régionale. Chacun essaye dʼapparaître comme plus breton de son voisin. Marc Le Fur, le premier, a dévoilé sa liste comprenant quelques militants bretons dont Jean-François Le Bihan, président entre parenthèses de lʼassociation Bretagne réunie, Caroline Ollivro, présidente de Breizh Europa, et Jean-Jacques Page, ex-UDB de Vannes, tous en place non-éligibles en cas de défaite. Jean-Yves Le Drian a, lui, renouvelé sa confiance à Léna Louarn, y ajoutant Paul Molac et Mona Bras, ancienne porte-parole de l’UDB qui, en 12ème place en Finistère, nʼest pas assurée dʼêtre élue cependant, même en cas de victoire.

Pourtant, quʼil sʼagisse de Le Drian ou de Le Fur, tout le monde sait que le pouvoir est à Paris et quʼil sʼagit surtout dʼélire quelquʼun qui pourra créer un réel rapport de force avec lʼÉtat afin de faire bouger les institutions. On a parlé maintes fois de la « réforme » de Marylise Lebranchu, acte de recentralisation, et de lʼétranglement budgétaire des collectivités par lʼÉtat. On oublie bien vite le bilan calamiteux de Nicolas Sarkozy en la matière et les promesses de lʼassociation « Bretagne Réunie » assurant à qui voulait lʼentendre quʼelle avait lʼoreille de Franck Louvrier, conseiller en communication du Président de la République, et que la réunification était pour bientôt. Le dit Frank Louvrier est aujourdʼhui conseiller régional des Pays de la Loire et pro-Grand Ouest. Sans compter que ce bon contact est à nouveau sur la liste de Retailleau en Pays de la Loire… Quel flair !

Hélas, il est plus que plausible que les promesses de républicains ne valent guère plus que celles des socialistes en la matière. La Gazette des Communes du 19 octobre nous apprend que, lors du congrès de lʼAssemblée des Départements de France (ADF) à Troyes les 15 et 16 octobre, les grands élus, du PS ou des Républicains, « aussi critiques soient-ils sur la loi Notre, n’appellent pas à chambouler le texte dans le futur. » Dominique Bussereau, le président de l’ADF « ne souhaite pas de « grand soir » en cas d’alternance politique. » Même son de cloche chez François Baroin, président de lʼAssociation des Maires de France ou chez Gérard Larcher, le président du Sénat. Sans compter que, parmi les prétendants au trône, à droite comme à gauche, on trouve assez peu de girondins. Même le socialiste Jean-Paul Huchon, se revendiquant pourtant volontiers « fédéraliste », ne souhaite pas « revenir encore sur la loi ».

Qui donc réussira à faire plier un gouvernement dès lors que les appareils politiques, en France, décident depuis Paris ? Qui si ce n’est les Bretons eux-mêmes ? Si toutefois, ils en ont l’ambition…

> La Rédaction

Le Peuple breton est un magazine d’opinion, mensuel, entièrement bénévole fondé en 1964. Il est tiré à 4000 exemplaires papier par mois.