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Langue bretonne : les attentes d’Ai’ta !

pacte avenir

On se souvient que le Pacte d’Avenir pour la Bretagne signé il y a bientôt deux ans par Jean-Marc Ayrault alors premier ministre, annonçait « une convention spécifique » sur la langue bretonne. Dans un courrier adressé à Pierrick Massiot, président de la Région Bretagne le 20 septembre, le collectif Ai’ta a fait part de ses propositions pour qu’une convention avec l’État « marque de véritables progrès » en matière de développement de la langue bretonne.

Sans surprise, on retrouve parmi les revendications une attention particulière à la diffusion de la langue bretonne dans les médias : diffusion de 10 heures de programmes en langue bretonne chaque semaine à des heures de grande écoutes sur la télévision publique, objectif de 5h par jour de programmes variés en langue bretonne à la radio publique, le développement des fréquences des radios associatives en langue bretonne sur l’ensemble des 5 départements bretons.

 

Vient ensuite la revendication historique d’une signalétique bilingue français-breton sur les routes nationales de Bretagne et pas simplement sur certaines voies départementales et communales. L’objectif est bel et bien de créer un environnement propice à l’immersion linguistique. La place de la langue bretonne, selon le collectif doit également passer par la généralisation de son utilisation « tant à l’oral qu’à l’écrit » à la SNCF, à la Poste et dans les services publics.

 

Le gros des revendications concerne bien entendu le développement du breton à l’école et en formation : supprimer le seuil pour l’ouverture d’une nouvelle classe, un poste entier par cycle (maternelles, cycle 2 et 3) pour les écoles en zone urbaine et pour toute nouvelle création de poste ou de classe bilingue, engagement de la création d’un poste pour 3 ans, élaborer et mettre en œuvre d’un plan de développement pluriannuel de l’enseignement bilingue et de l’enseignement de la langue bretonne pour une adoption d’ici 2017 par l’Office public de la langue bretonne, développer des sites de proximité pour la formation des futurs enseignants bilingues et mettre en place un pôle de formation bilingue dans chaque Université pour les futurs enseignants bilingues, porter à 20 % minimum le nombre de postes bilingues ouverts au concours dès 2016 et à 40 % au terme de la convention, soit en 2020, développer au sein des ESPE (Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation) et des Universités chargés de la formation initiale des enseignant, un module d’initiation aux langues et aux cultures de Bretagne pour l’ensemble des futurs enseignants monolingues, généraliser l’initiation à la langue bretonne tout au long du primaire en le proposant à toutes les écoles, et atteindre, d’ici 2021, 3 heures par semaine à l’image de la Corse, renforcer le soutien à l’enseignement associatif par immersion proposé par le réseau Diwan (financement de Kelenn et de l’accueil des élèves du second degré en internat, mise en place d’un dispositif de pérennisation des employés non enseignants…), augmenter l’enveloppe annuelle d’aide pour les formations longues afin d’atteindre 500 personnes aidées chaque année dès 2016 et enfin créer au moins une crèche et un centre de loisir en langue bretonne par canton et former le personnel bilingue compétent.

 

D’autres demandes sont faites comme le développement d’un nouveau service au sein de l’Office Public de la Langue Bretonne afin de traiter des nouvelles technologies et l’organisation d’une campagne « Quêteurs de mémoire – Klaskerien ha treizherien soñjoù » à l’échelle de la Bretagne.

 

Autant dire que les candidats aux prochaines régionales n’ont qu’à piocher pour s’assurer d’avoir un projet intéressant (mais pas exhaustif) en matière de promotion (et non plus simplement de « défense ») du breton. Les prochaines semaines permettront de connaître les idées des uns et des autres…

> La Rédaction

La Rédaction
Le Peuple breton est un magazine d’opinion, mensuel, entièrement bénévole fondé en 1964. Il est tiré à 4000 exemplaires papier par mois.

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