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Et si l’Histoire nationale avait été écrite par des femmes ?

féminisme

En 1848, période de bouleversements politiques en France, le suffrage universel a été adopté, permettant à tous les hommes de plus de 21 ans d’accéder au droit de vote. Cependant, ce n’est qu’en 1944, en application de l’ordonnance promulguée par le général de Gaulle le 21 avril 1944 portant organisation des pouvoirs publics en France après la Libération, que les Françaises sont devenues électrices et éligibles.

L’histoire nationale et notamment son enseignement à l’école, au collège ou au lycée, accorde aujourd’hui une place de plus en plus grande à la question de la construction des inégalités hommes-femmes, notamment avec l’histoire du droit de vote. Mais, les femmes ayant porté des opinions courageuses sont encore peu présentées, la tradition des « grands hommes » est encore très présente. Les débats qui ont eu lieu pendant les périodes républicaines, avant 1944, sont assez peu connus. Il y a pourtant eu des initiatives et des arguments en faveur du vote des femmes bien avant 1944, portées par des femmes elles-mêmes.

Il y eut notamment la candidature de Jeanne Deroin aux élections législatives de 1849. Cette femme, ouvrière autodidacte qui obtint le brevet d’institutrice était engagée pour la participation citoyenne des femmes. En 1849, période de la Seconde République, sa candidature n’a pas été soutenue, sinon décrédibilisée et cette femme connut un triste sort. Après le coup d’état de 1851 qui marqua l’arrivée au pouvoir de Napoléon III et le rétablissement de l’Empire, Jeanne Deroin dû s’exiler et mourut dans la pauvreté. Ce fut pourtant la première femme qui proposa, de son temps, d’accoler le mot « masculin » au concept de suffrage universel mis en place en 1848. En effet, accorder le droit de vote à l’ensemble des hommes de plus de 21 ans sans condition était à la fois un progrès et à la fois une mesure extrêmement discriminante envers les femmes de l’époque.

Jeanne Deroin écrivait déjà : « c’est surtout cette sainte fonction de mère, que l’on oppose comme incompatible avec l’exercice des droits de citoyennes qui impose à la femme le devoir de veiller sur ses enfants et lui donne le droit d’intervenir dans tous les actes de la vie civile, mais aussi dans tous les actes de la vie politique ». Cette question reste d’actualité : au-delà de la parité, l’arrivée des femmes en politique nécessite également d’aborder la « chose publique » sous un autre angle, celui de la vie sociale, du rôle des mères, du droit d’être femmes sans être mère… Autant de questions qui nécessitent d’être abordées.

> Marion LECONTE

Nantaise, Marion Leconte a fait un double cursus de breton et de géographie. Puis elle a choisi de poursuivre ses études en géographie afin de pouvoir voyager hors Europe et notamment en Inde du sud. Elle se prépare actuellement au métier de l’enseignement dans le secondaire.