Accueil / Degemer / À la Une / La qualité des eaux bretonnes sʼaméliore

La qualité des eaux bretonnes sʼaméliore

L'Ic (rivière)

Le 13 juillet dernier, la commission européenne a estimé conformes cinq des neufs bassins versants bretons qui faisaient lʼobjet dʼun plan dʼactions spécifique depuis 2007 pour lutter contre les nitrates. Légalement, le gouvernement peut donc lever les mesures de limitation des épandages imposés sur les bassins versants de lʼUrne, du Bizien, du Gouessant, de lʼArguenon, de lʼIc (dans les Côtes dʼArmor) et de lʼAber Wrach (dans le Finistère), bassins repassés en dessous du maximum admissible de 50 mg/l.

Stéphane Le Foll, le Ministre de lʼagriculture, nʼa pas manqué de rappeler que cela traduisait un « effort important consenti par la profession agricole pour restaurer le bon état des eaux ». Et cʼest vrai ! Mais cela traduit surtout la réussite du plan dʼaction mené par le Conseil régional de Bretagne avec les acteurs, professionnels ou associatifs, plan qui a été si souvent contredit dans les faits par la Préfecture qui autorisait les extensions agricoles quand le Conseil régional cherchait à réduire le taux de nitrates.

« Chacun doit évidemment se réjouir de la baisse des nitrates enregistrée sur cinq cours dʼeau bretons utilisés pour la production dʼeau potable. Elle permet enfin dʼêtre conforme à une directive européenne adoptée en… 1975 », ironise lʼassociation Eau et Rivières, un des principaux lanceurs dʼalerte sur la qualité des eaux en Bretagne. Et de continuer : « Cʼest pour cette raison quʼil serait absurde, comme lʼEtat envisage de le faire, de remettre en cause cette limitation des épandages notamment à lʼamont des baies touchées par les marées vertes. Sur les cours dʼeau qui se déversent dans ces baies, la réduction des flux de nitrates vers la mer est encore très loin dʼatteindre les seuils nécessaires à lʼarrêt de la prolifération dʼalgues vertes et… à lʼapplication de la directive européenne cadre sur lʼeau ». « Renoncer à lʼapplication des limitations dʼépandages, cʼest prendre le risque dʼinvestir des millions dʼeuros en pure perte pour lutter contre les algues vertes ! » prévient lʼassociation.

« Convalescents nous sommes, bien portants, nous serons » a estimé Pierrick Massiot, le Président du Conseil régional de Bretagne. Si lʼÉtat laisse la Bretagne sʼoccuper de la qualité de ses eaux, on peut lʼespérer en effet…

> Gael BRIAND

Gael BRIAND
Gael BRIAND est rédacteur en chef du mensuel Le Peuple breton depuis 2010. Il est l'auteur de "Bretagne-France, une relation coloniale" et a coordonné l'ouvrage "Réunifier la Bretagne ? Région contre métropoles". [Lire ses articles]

Un commentaire / Un evezhiadenn